FENÊTRES SUR L'ARBRE

26 janvier 2016 Par Charlotte Fauve
FENÊTRES SUR L'ARBRE
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Lagny-sur-Marne, en banlieue parisienne. Dans le petit jardin du paysagiste Hugues Peuvergne, un thuya, sombre et volumineux, ombrage le terrain. Un terrible casse-tête pour le jardinier : le résineux, difficile à valoriser, a pris une telle importance qu’il est devenu quasi impossible à éliminer ! Ne se résignant pas à sortir la tronçonneuse, Hugues Peuvergne préfère utiliser les excellentes capacités d’adaptation de l’arbre...


État des lieux

« si celui-ci souffre souvent d’une mauvaise image, celle d’une plante banale, sans intérêt, utilisable seulement à l’intérieur d’une haie, l'arbre possède néanmoins de nombreuses qualités, et notamment sa bonne résistance à la taille ». C'est sur ce constat que le paysagiste décide de lui donner une allure originale, en le sculptant… en cabane. « Dans un aménagement, il arrive que l’on ne sache pas quoi faire d’un arbre, qu’il serait à la fois dommage et difficile de déraciner, explique-t-il. Il ne s’agit pas de le massacrer, mais de travailler sa forme : à l’intérieur, en coupant les branches naturellement desséchées, il est en effet possible de libérer, progressivement, une petite cachette ! » En quelques coups de cisailles astucieux, le conifère, de mal-aimé, est ainsi devenu la vedette du lieu !

La solution du paysagiste pas à pas

1. Première étape : examiner l’arbre de manière à déterminer la forme générale de la cabane. Dans ce cas précis, les branches situées à l’arrière du thuya, plaquées contre le mur du jardin, manquaient de lumière. Plus chétives, elles pouvaient donc être coupées sans risque, en veillant à ne pas endommager les branches charpentières.

2. Dans le creux ainsi créé, se faufile une charpente : quatre poteaux verticaux, des poutres horizontales pour fermer le plancher, un platelage suspendu à un mètre de haut, et le tour est joué ! Au fil de la croissance de l’arbre, il sera aussi nécessaire, dans les planches, d’agrandir les encoches, de manière à pouvoir laisser passer les branches.

3. L’aspect du lieu peut changer de forme au fur et à mesure des années, en fonction de la taille pratiquée et des envies du jardinier ! Ici, le thuya a été au préalable étêté de manière à lui faire prendre du volume. Ventru, il est donc plus facile à sculpter !

4. La structure peut être personnalisée, par exemple en taillant, d’un coup de sécateur, une ouverture là où les branches sont les moins vigoureuses. La plante va ensuite finaliser le trou, qui, à l’aide d’une planche de contreplaqué découpée en cercle, peut être renforcée en œil-de-bœuf. Magie garantie, et à tout petit budget !

Les astuces

- Viser… bas !

Suspendue à peine un mètre au-dessus du sol, cette cabane est sans danger par rapport à sa version traditionnelle souvent perchée en hauteur. Le « rez-de-chaussée » a même été mis à profit : ni vue ni connue, une cuve de récupération des eaux a en effet été dissimulée au-dessous !

- Les végétaux à privilégier

Pour créer cette « cabane vivante », un impératif : utiliser un arbre dont il est possible de sculpter le feuillage, à l’image de l’if, du thuya ou encore du laurier sauce. Ces végétaux réagissent bien à la taille et peuvent donc voir leurs frondaisons détournées sans dommage pour la plante. Attention, la verdure servant de protection à la petite habitation, évitez de choisir un arbre caduque sous peine de voir la maisonnette disparaître sitôt l’hiver arrivé…

- Planter groupé

Pas d’arbre adapté à une telle transformation dans votre jardin ? Pas de problème, puisqu’il vous est aussi possible, en en plantant trois à quatre en carré, rond ou triangle, et en prenant soin de laisser au centre un espace suffisant, d’installer le plancher. Si cette astuce vous permet de gagner du temps, comptez cependant quelques bonnes années de pousse et de patience avant de pouvoir tailler les frondaisons de cet assemblage artificiel !