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Maison(s) Marius et Jeannette

ATELIER MAINE OCEAN — laure tyrakowski|Pays de la Loire

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Maison(s) Marius et Jeannette - Image principale
Façade sur rue (sud-est) — © FRANÇOIS DANTART
+12
Préfailles, Pays de la Loire
 

FICHE TECHNIQUE

Architecte : ATELIER MAINE OCEAN — laure tyrakowski
Surface :
N/A
Année de réalisation :
2025
Durée des études :
12 mois
Durée des travaux :
18 mois
Matériaux :
BoisPierreBriqueAluminiumZinc

Note d'intention

Une série de transformations passées et à venir A l’origine (début XXe), un simple atelier d’artisan sur la rue principale de Préfailles. Ceint d’un épais mur en pierre, sa grande porte s’ouvre sur l’espace public. Années 30, l’atelier est surélevé d’un logement dont les tuiles plates losangées et les saillies de toit lui confèrent l’esprit des villas balnéaire à la mode. Durant l’occupation, réfugié à Préfailles, le peintre Paul Messac utilise l’atelier. Années 80, l’atelier périclite et l’ensemble se transforme en un logement saisonnier. La porte du garage est sommairement « rebouchée » et le mur en pierre enrobé d’une peinture plastique. Aujourd’hui, années 2025, le cycle de vie continue. L’attractivité du pays de Retz augmente, pour la villégiature mais aussi pour y vivre et travailler. La maison à caractère balnéaire entame une nouvelle mutation qui concilie, dans une même architecture, logement et activité en toute indépendance d’usage. Demain, années 2050, l’ensemble mixte évoluera sûrement vers un autre scénario d’usage. Cette inéluctable adaptabilité fonctionnelle est désormais anticipée par la flexibilité du projet.

Origine du projet

Ici, les deux architectes sont à la fois maitres d’ouvrage et maîtres d’œuvre. Avec l’envie de renouveler leur pratique architecturale, ils ont quitté Nantes pour vivre et travailler à Préfailles avec l’envie d’inscrire leur métier d’architecte dans la cité, en l’occurrence le bourg, en toute visibilité depuis l’espace public. Les enjeux fixés sont à la fois simples et complexes : - À l’échelle du Pays de Retz, participer à rénover un cadre bâti existant souvent atteint d’obsolescence énergétique et fonctionnelle et permettre un nouveau cycle d’usage, - Proposer une esthétique architecturale contemporaine aux antipodes des catalogues des constructeurs de maisons individuelles qui inondent littéralement la région. La maison(s) Marius et Jeannette est le prototype de leur ambition : - Un existant situé au cœur du bourg, - Un potentiel inné pour conjuguer dans une imbrication fonctionnelle, activité et habitation permanente, - Une vitrine idéale pour exemplifier tout le potentiel de « transformation des situations construites » et ce, jusqu’à son esthétique biosourcée. En toute transparence avec la collectivité locale, dès 2023, les architectes ont rencontré le maire pour exprimer leur démarche. Attentif aux problématiques de revitalisation du tissu urbain, M. Caudal a notamment plébiscité le fait d’offrir en location un logement à destination d’actifs, ceux-ci ne pouvant plus habiter Préfailles au vu de la systémisation des locations saisonnières de courte durée. En résumé, dans un dialogue permanent entre ambition, impact financier et « justesse » du signe architectural, la commande est donc portée par un double souhait : - Projeter un ensemble évolutif, réunissant dans un premier temps un logement locatif (T3) et une activité libérale, - Transformer le déjà-construit, lui adjoindre une extension sur un sol déjà imperméabilisé, le tout avec des entreprises locales et par une mise en œuvre biosourcée.

Contraintes

Marius et Jeannette sont deux maisons « faussement » jumelles qui renouvellent la rue. Un projet n’est jamais une page blanche. Toujours, au regard des contextes les questions affluent. Comment installer un dialogue entre bâti ancien et apport contemporain ? Comment doubler l’emprise bâtie sur rue sans opposer une frontalité excessive ? Quelle matière constructive révéler ou mettre en œuvre ? Quelle esthétique dans ce village attaché aux maisons balnéaires du 19ème siècle ? Parmi les alternatives à l’étalement urbain, la réhabilitation et la densification de l’emprise urbaine sont les meilleures solutions. Ici, le projet transforme le bâti et optimise le foncier par extension latérale, inscrivant dans un seul ensemble un logement T3, une surface d’activité à RDC, un garage, une buanderie et un jardin. Dans la rue historique de la mairie, aujourd’hui devenue la bibliothèque, au bâti hétérogène et discontinu, les architectes ont choisi pour ce 1+1, la similitude dans la nuance, pour une « conversation constructive » entre deux bâtiments que près d’un siècle sépare. - Similitude de silhouette ; un toit à deux pentes recouvre l’existant comme l’extension mais le premier est en tuile avec saillie de toit et l’autre en zinc, avec un simple effet de fronton. - Similitude de composition ; si la composition de l’existant est symétrique, celle de l’extension joue subtilement de la dissymétrie. - Similitude d’unicité matérielle ; à la minéralité de l’existant répond le bois de l’extension. Pour l’existant, l’atelier reprend lumière et vues sur l’extérieur. Il se reconnecte à la rue : la grande porte originelle, un temps refermée, redevient la vitrine de l’activité. En façade, les matériaux peu qualitatifs sont déposés (fenêtres et volets PVC, peinture plastique, etc.) et remplacés par des volets et vitrine bois, fenêtres aluminium, garde-corps métal. En soubassement, débarrassé de son enduit ciment, le micaschiste est travaillé à pierre-vue et jointoyé à la chaux. L’extension prolonge l’alignement de l’existant sur la rue. A travers un volume simple et légèrement plus bas que le bâtiment d’origine, elle se connecte par un retrait pour mieux dissocier les architectures. Les bardeaux en tuiles de châtaignier sont les marqueurs de la greffe. Ils apportent sensibilité et vibration à la façade, en accord avec l’éclectisme des différentes maisons de la rue.

Solutions de l'architecte

Les usages sont calibrés et la pérennité assurée. Entre école et commerces, entre mairie et bibliothèque, la situation en centre-bourg offre de fait des déplacements doux. En conséquence le garage est dimensionné pour une petite voiture électrique ou des vélos, avec le souci d’aller « dans le sens de l’histoire ». La pérennité du bâtiment est assurée à la fois par la qualité des matériaux et par la mixité et l’évolutivité des usages. - Qualité des matériaux ; la mise en œuvre de produits biosourcés, à la fois pour la rénovation du bâtiment historique en pierre que pour l’extension, est un gage de confort pour les occupants, été comme hiver. - Mixité des usages ; l’adresse est vivante à tout moment, l’activité professionnelle diurne est relayée par la vie domestique, et vice-versa. Il en va de même pour l’usage du jardin, ainsi que celui du garage, mis en commun pour un usage mutualisé. - Evolutivité ; afin de garantir une occupation des lieux à long terme même si l’activité vient à décliner, la partition fonctionnelle est flexible. La surface dédiée aujourd’hui à un exercice professionnel peut à l’avenir se transformer en studio sans travaux, ou bien être rattachée au logement pour lui offrir une pièce en plus par simple ouverture de la paroi « fusible » installée dès la conception. L’ensemble de ces actions vise à lutter contre l’obsolescence du bâti, l’assurance de « coller » tant à l’évolution de la société qu’à celle des enjeux climatiques. Une transformation passive sans pompe à chaleur. Dans la réalité d’une planète Terre dont les ressources ne sont pas illimitées, construire avec un minimum d’impact nécessite d’utiliser les leviers suivants : - Le sol (réduction de l’empreinte artificielle, valorisation de sa pleine terre et de sa perméabilité), - La biophilie (densification végétale), - L’énergie (performance de l’enveloppe bâtie et conception bioclimatique), - Les ressources (transformation du bâti, utilisation de matériaux recyclés, bio ou géosourcés, récupération locale de l’eau, emploi de systèmes nécessitant le moins possible d'énergie grise lors de leur production). La maison(s) Marius et Jeannette épouse cette démarche adaptative de transformation de l’existant à travers les postes suivants : Structure : réutilisation du déjà-construit, restauré voire consolidé, et utilisation pour l’extension d’un maximum de matériaux décarbonés. - Existant : la structure porteuse est curée et perforée en quelques endroits pour favoriser la lumière naturelle et le lien avec l’extension ; l’élévation RDC en pierres est révélée et refaçonnée à la chaux pour sa respiration ; le plancher bois est consolidé et traité contre les insectes ; la panne faîtière est soulagée par une ferme bois à mi portée. - Extension : elle sollicite une mixité de matériaux ; garage et buanderie : en raison de son adossement partiel contre terre, l’élévation du volume est en briques alvéolaires auto-isolantes ; à l’étage : séjour-cuisine dont l’élévation est en mur à ossature bois, plancher et charpente en bois. Enveloppe : installation d’une isolation très performante et propice au déphasage de température pour un confort été-hiver optimal ; captation des apports de lumière tempérés de protections solaires. - Existant : à RDC, le mur en pierre est doublé d’isolant chanvre pour sa qualité hygroscopique (R=3,5 m²K/W) ; à l’étage, le mur en parpaings pleins est doublé de laine de verre avec liant végétal (R=4,4 m²K/W) ; la toiture est isolée par des fibres biosourcées et recyclées en coton, lin et jute (R=9 m²K/W). - Extension : à RDC, la brique alvéolaire est remplie de laine de roche (R=2 m²K/W) et protégée avant le bardage d’un pare-pluie en laine de bois (R=1,9 m²K/W) ; à l’étage le MOB est rempli de fibres biosourcées et recyclées en coton, lin et jute (R=3,8 m²K/W) et protégé avant le bardage d’un pare-pluie en laine de bois (R=2,8 m²K/W) ; la toiture est isolée par des fibres biosourcées et recyclées en coton, lin et jute (R=9m²K/W). Energie : conforté par la performance de l’enveloppe, le choix est fait du tout électrique avec possibilité d’implanter ultérieurement des panneaux photovoltaïques sur le rampant sud de l’extension. - Aucune technique de pointe onéreuse à l’achat et sans réel gage de pérennité (pas de ballon thermodynamique ni de pompe à chaleur) mais un simple ballon eaux chaude pour le logement, des radiateurs électriques à inertie (fonte) et des planchers chauffants à RDC sur les parties habitables. - Pour l’atelier : le luxe d’un poêle bois qui permet avec 2 bûches de 30cm de maintenir à 20°C l’espace de travail sur une journée hivernale ainsi qu’un brasseur d’air installé en plafond, particulièrement agréable en été. Eau : installation d’une cuve de récupération des eaux pluviales issues des toitures, enfouie dans le jardin transformé, pour palier à la nécessité d'arroser les plantes en période de surchauffe estivale ; sa capacité de 1 500 litres permettra l’arrosage du petit havre vert.

Localisation approximative — Préfailles

Le contour indique la commune du projet et le repère situe son centre. L’adresse précise reste confidentielle.

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