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atelier iso architectes — Arthur Bourgeois Lacarra|Pays de la Loire




Construire dans un village ne consiste pas à reproduire des formes héritées mais à prolonger les logiques qui ont façonné le territoire. À La Claye, le projet prend place sur une ancienne dent creuse issue d'un potager et d'un poulailler, dont subsistent un puits, un bâtiment en pierre et les murets qui dessinent encore les limites de la parcelle. L'ambition n'est pas de faire disparaître cette histoire mais de construire avec elle, en considérant les éléments existants comme les premiers matériaux du projet. La maison s'organise autour de deux jardins aux caractères complémentaires. Le premier accompagne la rue et prolonge l'espace public jusqu'au seuil de la maison ; le second offre un espace plus intime, tourné vers les usages domestiques. Entre ces deux situations, la pièce de vie constitue le cœur du projet, traversante, largement ouverte sur les extérieurs et capable d'accompagner les variations d'usage au fil des saisons. Le projet repose sur une règle constructive unique : une trame de 60 cm qui ordonne l'ensemble de la maison. Déclinée en plan, en coupe et en façade, elle détermine la structure, le rythme des poteaux, les dimensions des panneaux, les ouvertures de 90, 180 ou 240 cm, ainsi que le dessin des volets, de la porte pivot et d'une partie du mobilier. Cette règle ne constitue pas un simple outil de dimensionnement ; elle devient le principe générateur du projet, assurant une continuité entre l'espace, la construction et les usages. La matérialité participe de cette même logique. Les façades tournées vers le village sont réalisées en pierre calcaire de réemploi, issue de la parcelle et de son environnement immédiat, prolongeant les murs qui composent le paysage du bourg. Les façades ouvertes sur les jardins sont construites en Douglas, dont la patine grisée, obtenue grâce à un traitement minéral développé en Suède, évoque le bois flotté et dialogue naturellement avec la teinte du calcaire local. Plutôt que d'opposer pierre et bois, le projet cherche à révéler leur complémentarité. Réalisée en grande partie en auto-construction, la maison fait du chantier un prolongement de la conception. Les détails sont développés au contact de la fabrication, les ajustements se construisent à l'échelle 1, tandis que le mobilier intégré naît des chutes de contreplaqué produites au cours du chantier. Le projet défend ainsi une architecture fondée sur la continuité entre le dessin, la matière et la mise en œuvre, où chaque décision participe d'une même économie de moyens et d'une même cohérence constructive.
Le projet prend place au cœur du village de La Claye, sur une parcelle d'angle longtemps restée inoccupée, constituant une dent creuse au sein du tissu bâti ancien. Pendant de nombreuses années, ce terrain accueillait le potager et le poulailler d'une maison voisine, dont subsistent un ancien bâtiment en pierre, un puits réputé pour l'abondance de son eau ainsi que les murets qui dessinent encore les limites de la parcelle. Loin d'être considérés comme les vestiges d'un état passé, ces éléments constituent le point de départ du projet et orientent sa conception. Pensée et portée par l'atelier iso comme une commande initiée en son sein, l'opération dépasse le cadre de la réalisation d'une maison individuelle. Elle devient un support de recherche à l'échelle 1:1, permettant d'expérimenter des principes de conception, des modes constructifs et des choix matériels dans une continuité entre le projet, le chantier et l'usage. Le programme répond à des besoins domestiques simples, avec une grande pièce de vie ouverte sur les jardins, deux chambres disposant chacune de leur salle d'eau et des espaces extérieurs généreux malgré la compacité de la parcelle. Cette réalisation devient également un terrain d'expérimentation autour de la sobriété constructive, du réemploi, des matériaux biosourcés et de l'auto-construction. Cette double nature, à la fois maison habitée et projet de recherche, nourrit l'ensemble de la démarche. Chaque choix est l'occasion de questionner le rapport entre architecture, matière et fabrication, avec la volonté de produire une réponse ancrée dans son contexte tout en développant un langage constructif contemporain.
Le projet devait composer avec une parcelle de dimensions réduites, insérée dans un tissu villageois ancien dont l'identité repose sur une succession de pignons, de murets en pierre et de jardins. L'enjeu n'était pas seulement de construire une maison, mais de préserver la continuité de ce paysage bâti tout en révélant les qualités propres de cette dent creuse. La présence du poulailler, du puits et des murs existants imposait une implantation précise de la construction. Loin d'être considérés comme des contraintes à contourner, ces éléments ont été intégrés comme des composantes essentielles du projet. Leur conservation conditionne l'organisation des espaces extérieurs, la relation de la maison au jardin et sa manière de s'inscrire dans le village. Le programme demandait également de concilier une emprise bâtie limitée avec des usages généreux. Les espaces devaient bénéficier d'une forte relation aux jardins, préserver l'intimité des occupants et offrir des possibilités d'évolution malgré la compacité de la maison. Cette recherche de qualité d'usage devait s'accompagner d'une construction sobre, privilégiant les matériaux biosourcés, la réduction du nombre de composants et une mise en œuvre compatible avec une réalisation en auto-construction. Enfin, la volonté de maîtriser directement le chantier impliquait de concevoir un système constructif simple, rationnel et reproductible. Chaque détail devait pouvoir être fabriqué à partir d'un nombre limité d'éléments, tout en garantissant une grande précision d'assemblage. Cette contrainte de fabrication devient progressivement un véritable moteur de conception, conduisant à développer une architecture où le dessin découle directement de la logique constructive.
Le projet répond à ces enjeux par un ensemble de principes indissociables. L'implantation reprend l'orientation des constructions voisines selon un axe nord-sud afin de préserver la lecture du village et de libérer deux jardins de nature différente. Cette disposition conserve le poulailler et le puits existants tout en installant la pièce de vie au centre du dispositif, en relation permanente avec les espaces extérieurs. L'ensemble de la maison est organisé à partir d'une trame constructive de 60 cm. Déclinée dans toutes les dimensions du projet, elle structure le plan, la charpente, les façades et les menuiseries. Les portées, le rythme des poteaux, les panneaux de remplissage ainsi que les ouvertures de 90, 180 ou 240 cm procèdent de cette même règle. Cette continuité constructive confère au bâtiment une grande lisibilité et limite les découpes, les pertes de matière et la diversité des composants. La matérialité prolonge cette logique. Les façades en pierre calcaire de réemploi, orientées vers les rues, prolongent les murs existants et ancrent la maison dans le paysage du bourg. Les façades ouvertes sur les jardins sont réalisées en Douglas, dont la teinte est obtenue grâce à un traitement minéral innovant, développé en Suède à base de silicium et de potassium. En accélérant le grisaillement naturel du bois, ce procédé lui confère une patine proche du bois flotté qui dialogue avec la pierre calcaire tout en assurant une protection durable sans entretien. La structure est entièrement réalisée en bois et associée à une isolation en fibre de bois. À l'intérieur, les habillages, les cloisons et les agencements sont majoritairement réalisés en contreplaqué de peuplier, les plaques de plâtre étant limitées aux seules pièces d'eau. Les chutes de panneaux sont réemployées pour fabriquer une partie du mobilier intégré, prolongeant la logique d'économie de matière engagée dès la conception. Réalisé presque entièrement en auto-construction, le chantier devient enfin un espace d'expérimentation où la fabrication, le détail et l'architecture se développent conjointement, dans une continuité entre le dessin et sa mise en œuvre.
Le contour indique la commune du projet et le repère situe son centre. L’adresse précise reste confidentielle.
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