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CITRUS Architecture & Paysage — Alan CHATEL|Bretagne




Construire une maison sur l'emprise d'une ancienne place de stationnement constitue un geste à la fois urbain et symbolique. Là où la voiture occupait l'espace, le projet réintroduit l'habitat, le végétal et les usages quotidiens. Cette transformation illustre une nouvelle manière d'habiter la ville : plus sobre, plus compacte et plus attentive aux ressources foncières déjà disponibles. Le projet s'inscrit dans une logique de densification douce, en révélant le potentiel d'une parcelle résiduelle sans modifier l'équilibre du quartier. L'ambition n'est pas d'occuper chaque mètre carré, mais de produire un habitat généreux malgré la contrainte spatiale. La qualité de vie ne repose plus uniquement sur la surface habitable, mais sur la richesse des relations entre les espaces intérieurs, extérieurs et intermédiaires. Le jardin d'hiver constitue l'élément central de cette réflexion. Véritable espace climatique, il agit comme une interface entre la maison et son environnement. En hiver, il capte les apports solaires et participe au confort thermique ; aux intersaisons, il devient une pièce de vie supplémentaire ; en été, largement ventilé, il prolonge les espaces domestiques vers l'extérieur. Cet espace hybride accueille les plantes, les usages quotidiens et les moments de convivialité tout en offrant une lumière naturelle abondante à l'ensemble de la maison. Le projet cherche également à établir un dialogue sensible avec son contexte. L'organisation des volumes, les ouvertures et les cadrages permettent de préserver l'intimité tout en favorisant les vues et les apports lumineux. La maison se développe verticalement afin d'optimiser une emprise réduite et de multiplier les relations avec les différents niveaux du jardin d'hiver. Le choix de matériaux sobres, durables et biosourcés participe à cette démarche. Une architecture simple dans sa forme mais précise dans sa conception permet de limiter les coûts de construction tout en garantissant des performances environnementales élevées. Chaque élément est pensé pour remplir plusieurs fonctions : structure, protection climatique, confort d'usage et qualité architecturale. Au-delà de la construction d'une maison, ce projet interroge notre manière de fabriquer la ville. Il démontre qu'une parcelle considérée comme résiduelle peut devenir le support d'une architecture innovante, capable de concilier densité, qualité d'habiter et transition écologique. En transformant un espace dédié à l'automobile en un lieu de vie ouvert sur le végétal, le projet affirme qu'une autre manière d'habiter les territoires est possible : plus résiliente, plus frugale et profondément ancrée dans son environnement.
Le projet naît d'une réflexion sur les espaces oubliés de la ville et sur leur capacité à accueillir de nouveaux usages. Dans un contexte où l'étalement urbain interroge nos modes de développement, les parcelles résiduelles apparaissent comme une ressource précieuse, offrant l'opportunité de construire sans artificialiser davantage les sols. L'emprise retenue, non loin d'une gare de périphérie accessible à pied, possède une géométrie atypique et des contraintes fortes. Plutôt que de les considérer comme des limites, le projet les transforme en leviers de conception. Cette situation singulière invite à imaginer une architecture compacte, capable de tirer parti de chaque orientation, de chaque vue et de chaque apport de lumière. Dès les premières esquisses, la question du climat s'est imposée comme un fil conducteur. Comment habiter un espace restreint tout en bénéficiant d'une relation généreuse avec l'extérieur ? Le jardin d'hiver est apparu comme une réponse évidente : un espace intermédiaire qui prolonge les usages de la maison, accompagne les saisons et crée une transition douce entre l'intimité du logement et le paysage. L'origine du projet repose ainsi sur une conviction simple : la qualité architecturale ne dépend pas de la taille de la parcelle mais de l'intelligence de la réponse apportée. En révélant le potentiel d'un foncier délaissé, le projet démontre qu'il est possible de produire un habitat contemporain, lumineux et durable, tout en participant à la transformation progressive de la ville.
À ces contraintes spatiales s'ajoute une forte exigence économique. Le projet devait démontrer qu'une architecture ambitieuse, performante et durable pouvait être réalisée avec un budget maîtrisé. Cette contrainte a conduit à considérer le réemploi non seulement comme une démarche environnementale, mais également comme un véritable levier de conception. De nombreux éléments du second œuvre ont ainsi été issus du réemploi : les portes intérieures, les escaliers ou encore certains revêtements en carrelage ont été soigneusement sélectionnés, adaptés et intégrés au projet. Au-delà de la réduction des coûts, ces matériaux de seconde vie apportent une richesse constructive et une identité singulière à l'ensemble. La maîtrise d'ouvrage a également porté une attention particulière à l'origine et à la composition des matériaux mis en œuvre. Cette exigence a orienté les choix constructifs vers des solutions biosourcées, locales lorsque cela était possible, et présentant un faible impact environnemental. L'enveloppe du bâtiment associe ainsi des briques de béton de chanvre, offrant à la fois inertie, régulation hygrothermique et confort d'usage, à une isolation en laine de bois, reconnue pour ses qualités thermiques et son caractère renouvelable. Le choix de ces matériaux traduit une volonté commune de privilégier des filières vertueuses, transparentes et cohérentes avec les ambitions environnementales du projet.
Face à une parcelle résiduelle de très faible emprise, à un budget contraint et à de fortes ambitions environnementales, la réponse architecturale a consisté à transformer chaque contrainte en opportunité de projet. La maison s’organise verticalement afin de libérer un maximum d’espace extérieur et de préserver les relations avec le voisinage. Au cœur du dispositif, un jardin d’hiver joue le rôle d’espace tampon bioclimatique : il capte les apports solaires en hiver, favorise la ventilation en été et prolonge les usages de la maison tout au long de l’année. Pour répondre à la contrainte économique, le projet intègre une part importante de réemploi dans le second œuvre. Portes, escaliers et revêtements de carrelage ont été récupérés puis réadaptés au projet, permettant de maîtriser les coûts tout en apportant une matérialité singulière à l’habitation. Cette démarche de réemploi s’inscrit dans une logique de sobriété constructive où l’existant devient une ressource. Les choix constructifs ont également été guidés par les exigences de la maîtrise d’ouvrage concernant la provenance et l’impact environnemental des matériaux. L’enveloppe associe des briques de béton de chanvre et une isolation en laine de bois, privilégiant des matériaux biosourcés, durables et issus de filières identifiées. La solution proposée par l’architecte ne cherche donc pas à effacer les contraintes du site, mais à en faire le moteur d’une architecture compacte, lumineuse et responsable. Le projet démontre qu’un foncier délaissé peut devenir le support d’un habitat de qualité, conciliant confort, maîtrise des ressources et transition écologique.
Le contour indique la commune du projet et le repère situe son centre. L’adresse précise reste confidentielle.
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