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Lab architecture — Aileen Barthélemy|Bretagne




Avec Nouvelle peau, la rénovation énergétique devient le point de départ d’une transformation plus large : celle d’une maison des années 1970 que l’on réouvre à la lumière, au jardin et aux usages contemporains. En conservant et en transformant l’existant, le projet prolonge la vie du bâtiment et renouvelle profondément la manière de l’habiter. Implantée sur la Côte d’Émeraude, à proximité de la mer, la maison d’origine présentait pourtant une organisation peu en phase avec son environnement. Les espaces intérieurs, très cloisonnés, limitaient les perspectives et les circulations, tandis que les façades peu ouvertes au sud réduisaient les apports solaires et les relations avec le jardin. À ces contraintes d’usage s’ajoutaient de faibles performances thermiques, caractéristiques de nombreuses constructions de cette époque. Plutôt que de démolir et reconstruire, le projet conserve la structure existante et lui donne une nouvelle enveloppe, plus protectrice et plus performante. Les façades, les ouvertures et les volumes sont recomposés afin de réorienter la maison vers le paysage, les apports solaires et les espaces extérieurs. De nouvelles lucarnes apportent lumière, vues et volume aux espaces sous toiture. Une terrasse en bois surélevée prolonge les pièces de vie vers le jardin, tandis que deux annexes en bardage bois complètent les usages au fond de la parcelle. Enduit clair, Douglas naturel et zinc quartz composent une écriture contemporaine, volontairement sobre. La maison change ainsi de peau sans perdre son histoire. Elle devient plus lumineuse, plus confortable, plus durable et mieux adaptée aux modes de vie actuels.
Le projet trouve son origine dans le décalage entre la qualité de la situation de cette maison et les limites de son architecture d’origine. Implantée sur la Côte d’Émeraude, à proximité du littoral, elle disposait d’un environnement privilégié, mais restait refermée sur elle-même et entretenait peu de relations avec son jardin. Comme de nombreuses constructions des années 1970, elle présentait une organisation intérieure très cloisonnée, des façades peu ouvertes au sud et une performance énergétique insuffisante. La lumière naturelle, les vues et les apports solaires étaient peu valorisés, tandis que les espaces de vie ne disposaient pas de véritable prolongement vers l’extérieur. La commande ne portait donc pas uniquement sur une amélioration thermique. Elle appelait une transformation globale de la maison : améliorer durablement le confort, fluidifier les espaces, renforcer le lien avec le jardin, mieux exploiter les orientations et adapter le bâtiment aux usages contemporains. La création d’une terrasse devait prolonger les espaces de vie vers le jardin et renforcer la relation entre intérieur et extérieur. Plus largement, l’enjeu était de redonner une cohérence environnementale, spatiale et architecturale à une maison existante dont le potentiel restait à révéler.
La première contrainte consistait à transformer profondément une maison des années 1970 tout en conservant l’essentiel de sa structure existante, notamment ses murs et sa charpente . L’intervention devait composer avec une organisation intérieure cloisonnée, une géométrie peu adaptée aux usages actuels et des façades insuffisamment ouvertes vers le sud et le jardin. La faible performance thermique nécessitait une rénovation continue de l’enveloppe. Les murs, la toiture, les soubassements et les parties semi-enterrées demandaient des traitements spécifiques afin d’améliorer le confort en toute saison et de limiter les discontinuités d’isolation. La création de nouvelles ouvertures et de lucarnes devait être conciliée avec les caractéristiques constructives de la maison. Il fallait apporter davantage de lumière, de vues et de volume sans multiplier les gestes architecturaux ni effacer complètement l’identité de cette construction néo-bretonne. Le projet devait enfin réunir des interventions de natures différentes — rénovation de la maison, transformation de la toiture, création d’une terrasse— au sein d’une composition cohérente. La palette de matériaux devait être à la fois sobre, pérenne et adaptée à l’environnement.
Le projet privilégie la conservation et la transformation de l’existant plutôt que sa démolition. Les murs et la charpente de la maison sont maintenus, puis retravaillés par la création de nouveaux percements et de lucarnes. Cette stratégie prolonge la durée de vie du bâtiment tout en limitant les démolitions et l’impact environnemental de l’intervention. L’organisation intérieure est décloisonnée afin de créer des espaces plus fluides et plus lumineux. La recomposition des ouvertures renforce les apports solaires au sud, les vues sur le paysage et la relation entre les pièces de vie et le jardin. Les nouvelles lucarnes apportent du volume aux espaces sous toiture et permettent de mieux les habiter. La rénovation énergétique repose sur une isolation continue en matériaux biosourcés. Les murs reçoivent une isolation thermique par l’extérieur composée de 145 mm de fibre de bois. Les soubassements et les parties en contact avec le terrain sont traités en liège, matériau particulièrement adapté à ces zones exposées à l’humidité. La toiture est entièrement reprise et isolée en sarking au-dessus de la volige conservée, avec un complexe de laine de bois complétés par de la fibre de bois rigide. Cette mise en œuvre permet de conserver la charpente existante tout en renforçant fortement les performances thermiques de l’enveloppe. Une terrasse surélevée en Douglas prolonge les espaces de vie vers le jardin. L’enduit minéral clair, le Douglas laissé naturel et le zinc quartz utilisé pour les lucarnes forment une palette volontairement restreinte. Ces matériaux réunissent les différentes interventions et donnent à la maison une identité contemporaine, tout en conservant une lecture claire du bâtiment existant.
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