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Maison de la chênaie

OECO Architectes — Vanessa Larrère|Occitanie

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Maison de la chênaie - Image principale
Entrée (RDC) — © Sébastien Bez
+12
Eaunes, Occitanie
 

FICHE TECHNIQUE

Architecte : OECO Architectes — Vanessa Larrère
Surface :
N/A
Année de réalisation :
2025
Durée des études :
8 mois
Durée des travaux :
12 mois
Matériaux :
BoisBrique

Note d'intention

Le projet repose sur une lecture rigoureuse de l’existant, de la topographie et des modes de vie des commanditaires. L’intervention s’articule autour de trois axes majeurs : la clarification volumétrique, la reconquête de la lumière et la connexion physique avec le paysage. La première phase a consisté à purger la maison de ses excroissances pour retrouver l'authenticité des volumes. Les loggias d’origine ont été restituées et les ouvertures agrandies verticalement par l’abaissement des allèges jusqu’au sol. La façade alterne désormais de grandes baies cadrant le paysage, prolongées par des loggias ou protégées par des volets en bois,et des percements verticaux étroits. Ce dispositif crée un rythme rigoureux, apporte de la profondeur et joue avec les ombres portées du sud. Le projet assume et magnifie la volumétrie sous-jacente faite de blocs juxtaposés sous toitures inclinées. Pour clarifier cette composition, la section de toiture en pente surplombant l’entrée a été démolie. Le plancher béton des combles est ainsi devenu une toiture-terrasse plate, agissant comme une rotule visuelle qui dissocie distinctement les volumes nord et sud aux pentes différenciées. Cette zone centrale marque désormais une entrée traversante, mise en perspective par une nouvelle allée extérieure perpendiculaire à la façade. Cette dissociation volumétrique, désormais aussi visible sur la façade est côté jardin, simplifie la lecture globale et confère à la maison une identité architecturale affirmée. La relation au site a été entièrement reconfigurée pour générer une continuité fluide entre l'intérieur et le paysage. Ce dialogue passe par un travail topographique en gradins, conçu pour ancrer la maison dans sa pente. Implanté à l'est face à la vue, le couloir de nage s'installe en léger contrebas. Son système à débordement crée un palier visuel intermédiaire avant le traitement du bas du terrain en terrain de pétanque. Les déblais liés au creusement ont permis de remodeler les abords : une partie a été remblayée pour offrir une terrasse de plain-pied avec le séjour, tandis que des soutènements, jardinières et emmarchements en acier Corten gèrent la transition vers le niveau inférieur. Une nouvelle construction annexe, le poolhouse avec sa cuisine extérieure s'installe au sud, perpendiculairement à la maison et à la piscine. Elle cadre la vue et abrite une cuisine d'été ainsi qu'une terrasse couverte, totalement ombragée lorsque ses grandes portes en accordéon s'effacent. L'acier corten est le fil conducteur à l'extérieur, il sépare les niveaux et les revêtements. Les cheminements extérieurs et abords immédiats de la maison sont traités de manière minérale avec des graviers calcaires, dans lesquels sont insérés des dalles de béton teinté argile, de tailles différentes, comme de pas japonais surdimensionnés. Pour unifier l’existant et les extensions, une palette chromatique et matérielle unique a été rigoureusement sélectionnée, donnant l'illusion d'un projet conçu d'un seul jet. Les façades reçoivent un enduit à la chaux texturé, aux tonalités naturelles et chaleureuses, oscillant entre le sable et l'argile. La finition est différenciée selon les niveaux : talochée-éponge au rez-de-chaussée pour un effet de matière subtil, et brossée horizontalement sur le soubassement pour exprimer l'ancrage au sol. Les modénatures et la couverture : Les menuiseries extérieures sont réalisées en châtaignier local, apportant une nuance dorée qui souligne la composition des ouvertures. En toiture, les tuiles rouges d'origine ont été remplacées par des tuiles canal aux tons mêlés plus clairs, harmonisées avec l'enduit. L'intérieur a fait l'objet d'un curage total avec la démolition des cloisonnements non porteurs pour libérer les espaces. Au rez-de-chaussée, un volume traversant réunit le séjour et la cuisine. Cet espace ouvert se segmente naturellement en sous-espaces distincts, qualifiés par des variations de hauteurs sous plafond et leurs prolongements extérieurs respectifs. Au cœur du plan, la création d'une trémie intègre un nouvel escalier ouvert, baigné de lumière. Il connecte efficacement le niveau supérieur au rez-de-jardin, désormais entièrement investi comme espace servant et de vie : chambres d'amis, salle de sport, salle de yoga (aménagée dans l'ancien auvent du garage) et cave à vin. Cette dernière s'implante logiquement dans la zone la plus enterrée et obscure, tandis que les pièces principales s'ouvrent au nord-est sur une terrasse basse dédiée. L'enveloppe intérieure prolonge la matérialité extérieure : enduits à la chaux fine sur les murs et plafonds peints en ton sur ton. Les sols se partagent entre un parquet en chêne (RDC) et un béton ciré teinte argile (RDJ et pièces d'eau). L'agence OECO a dessiné l'ensemble du mobilier intégré (cuisine, rangements, banquettes, bibliothèques). La charte des composants intérieurs est volontairement restreinte et noble : chêne, raphia, laiton et pierre naturelle Patagonia.

Origine du projet

En 2024, les maîtres d’ouvrage acquièrent une maison de 1976 implantée sur une vaste parcelle en pente vers l’est, arborée de grands chênes, avec l'ambition d'en faire leur résidence principale. La construction d’origine, restée « dans son jus », avait subi de multiples extensions de vérandas disparates. Cet amoncellement nuisait à la lisibilité de l’ensemble et privait les espaces intérieurs de lumière naturelle. Pourtant, le plan initial dessiné par l’architecte M. Sutra présentait de réelles qualités spatiales qu’il convenait de révéler. Semi-encastrée dans la topographie, la maison s’organisait sur deux niveaux : un rez-de-chaussée de plain-pied côté entrée accueillant les pièces de vie, et un rez-de-jardin affecté au garage et aux annexes. Côté est, les espaces de vie se trouvaient ainsi déconnectés du terrain, prolongés seulement par un balcon en surplomb. Mandatée pour une visite conseil, l’agence OECO décèle immédiatement le potentiel de mutation de l’édifice. Cette intuition architecturale confirme l'achat et scelle le début du projet.

Contraintes

Un terrain en pente. Un sol avec un aléas fort de retrait gonflement des argiles.

Solutions de l'architecte

Un terrain en pente : Le terrain a été remodelé aux abords de la maison de manière à retrouver une continuité intérieur / extérieurs sur tous les espaces de vie. Ainsi un gradinage est créé à l'est enchainant une succession de terrasses, de jardinières et la piscine. Un sol avec un aléas fort de retrait gonflement des argiles : La structure de la maison ayant subit un sinistre dans les années 2000, avec des fissures structurelles, avait déjà été reprise en sous oeuvre avec la création de micropieux. L'ensemble des nouvelles constructions, piscine, terrasse, poolhouse ont dû également bénéficier de fondations profondes par micro pieux.

Localisation approximative — Eaunes

Le contour indique la commune du projet et le repère situe son centre. L’adresse précise reste confidentielle.

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