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STEREO ARCHITECTES — LOLAGNE Mathieu PREVOT Clément|Occitanie




Implantée en lisière du village du Born, cette maison dispose d'un volume bâti conséquent dont une partie importante, le rez-de-piscine, qui était sous-exploitée. Plutôt que d'envisager une extension ou une surélévation, le projet choisit de révéler le potentiel de l'existant. Cette démarche conduit à investir le volume déjà construit pour répondre au nouveau programme tout en limitant les interventions lourdes sur l'enveloppe. Le principe de « sous-élévation » consiste à réinvestir le rez-de-piscine afin d'y développer de nouveaux espaces habitables, transformant un niveau résiduel en véritable prolongement de la maison. Cette stratégie permet de répondre aux nouveaux usages tout en maîtrisant l'impact économique, constructif et paysager de l'intervention. La maison s'était progressivement détachée de son environnement. Le dénivelé entre les espaces de vie et la piscine, l'opacité du socle, l'escalier monumental et des percements peu généreux avaient produit une architecture introvertie, fragmentant les relations entre les différents niveaux, les espaces extérieurs et le paysage. Le projet cherche à reconstruire ces continuités. En reconnectant directement les espaces de vie au jardin et à la piscine, il redonne au rez-de-piscine un rôle central dans l'organisation de la maison. Les terrasses sont requalifiées, les obstacles supprimés et les ouvertures redessinées afin de favoriser les vues, la lumière et les usages extérieurs. À l'intérieur, cette recherche de continuité se traduit par une organisation plus lisible des parcours et par la création d'une travée verticale reliant les trois niveaux. Ce vide partagé met en relation les espaces communs, favorise les échanges visuels et révèle la générosité du volume existant. La maison retrouve ainsi une continuité entre ses différents niveaux, entre le dedans et le dehors, et entre l'architecture et son paysage. Le projet repose enfin sur une démarche de clarification. Les interventions successives avaient progressivement complexifié la maison, multipliant les cloisonnements, les circulations et les registres matériels. La transformation consiste autant à retirer qu'à construire. L'organisation intérieure distingue clairement les espaces servis des volumes servants. Les fonctions techniques sont regroupées dans des volumes compacts qui structurent les parcours et libèrent les espaces de vie. Les circulations sont réduites au profit d'espaces habités, les percements sont hiérarchisés selon les usages et les vues, tandis que le mobilier intégré participe à la définition des lieux. À l'extérieur, cette même logique guide le traitement du socle, des terrasses et des façades. Une palette restreinte de matériaux, de textures et de couleurs redonne une unité à l'ensemble et ancre la maison dans sa topographie. En simplifiant les formes, les usages et la matière, le projet révèle les qualités du lieu et construit une architecture plus ouverte, plus lisible et plus durable.
Le projet prend place en lisière du village du Born, au contact direct des espaces agricoles. Il s'inscrit dans la réhabilitation d'une maison existante développée sur trois niveaux : un rez-de-piscine, un rez-de-chaussée et des combles. Si la maison disposait d'un volume généreux, son organisation ne permettait pas de répondre aux usages du programme. Le rez-de-piscine, largement sous-exploité, était essentiellement occupé par un garage. La différence de niveau entre la partie habitable de la maison et sa piscine, lieu potentiellement très agréable, fracturait ces deux lieux, assez autonomes pour chacun d’eux mais aux liens très faibles. Cette dernière, pourtant située dans un cadre privilégié, était perçue comme un espace secondaire. La maison, ouverte par de petits percements, restait relativement introvertie sans profiter de ses 4 orientations. La terrasse au sud et son garde-corps massif, l’escalier monumental, le socle opaque, et le local piscine en construction étaient des filtres qui ne favorisaient pas les rapports au grand espace extérieur sud. Le programme consiste à réhabiliter l'ensemble de la maison en intégrant deux chambres supplémentaires, une salle d'eau, un WC et un espace dédié aux adolescents, tout en révélant les qualités spatiales déjà présentes.
L'intervention cherche à répondre au programme sans engager de transformations lourdes de l'enveloppe bâtie. Une extension ou une surélévation auraient représenté un investissement important tout en augmentant l'impact de la maison dans son paysage, sans résoudre les dysfonctionnements fondamentaux de son organisation. Le projet fait donc le choix d'une transformation par redistribution plutôt que par addition, avec un principe de « sous-élévation » Cette posture implique de travailler avec les qualités mais aussi avec les limites de l'existant. Il s’agit de réorganiser la maison existante pour mieux qualifier les usages et profiter des volumes dans un bâtiment qui s'est progressivement complexifié au fil des aménagements successifs. La seconde contrainte concerne le rapport à la topographie. La maison entretient aujourd'hui une relation ambiguë avec son terrain aujourd’hui définit par le socle opaque que représente le garage. Le rez-de-piscine est vécu comme un niveau inférieur, presque résiduel, alors même qu'il constitue le point de contact le plus direct avec le jardin. Le projet doit donc retrouver une continuité entre les différents sols de la parcelle et permettre aux usagers d'habiter pleinement cette différence de niveau. Une autre question essentielle réside dans la relation entre le dedans et le dehors. La maison bénéficie d'une situation exceptionnelle mais ne profite que partiellement de ses orientations. Les percements ne construisent ni cadrages ni traversées visuelles, les circulations interrompent les continuités et les espaces extérieurs demeurent fragmentés. Réhabiliter la maison revient alors à reconstruire des liens : liens entre les niveaux, entre les pièces, mais aussi entre l'architecture et le paysage. Enfin, le projet interroge la hiérarchisation des espaces, la clarification des circulations et le renforcement des liens entre intérieur et extérieur. Les surfaces de circulation étaient importantes alors que certaines pièces demeurent contraintes. Les espaces techniques se dispersaient et produisaient un cloisonnement permanent. Il était nécessaire de distinguer plus clairement les espaces communs des espaces privés, de rendre les parcours plus lisibles et de qualifier chaque lieu par son usage. Ces questions devaient être considérées tout en redonnant à la maison une présence plus juste dans son environnement.
Le projet s'appuie sur une stratégie de requalification du « déjà-là » plutôt que d'extension. En investissant le volume existant, une partie du rez-de-piscine, initialement uniquement qualifié comme un garage très généreux, est convertie en espaces habitables. L'intervention transforme alors le niveau inférieur du bâti et reconnecte directement les pièces de vie aux terrasses et à la piscine. Ce changement de niveau modifie profondément les relations entre la maison et son environnement. La piscine cesse d'être un espace autonome pour devenir une véritable extension des espaces communs. Si cette « sous-élévation » permet d’optimiser la surface utile sans modifier l'échelle de la maison, elle permet aussi d’optimiser l’investissement financier associé au projet. En effet, l’investissement ne se fait pas dans les postes lourds de l’enveloppe qui ne régleraient pas ; ou bien très partiellement ; les problèmes actuels de la maison. La transformation passe également par la suppression des éléments qui faisaient obstacle aux continuités spatiales. L'escalier extérieur monumental disparaît au profit de parcours plus directs. Les garde-corps opaques sont remplacés par des dispositifs qui rétablissent les vues. Ainsi le projet profite des éléments précieux de l’existants par la mise en exergue des cadrages sur le paysage environnant. L'organisation intérieure repose sur une distinction assumée entre les espaces servis et les volumes servants. Les fonctions techniques — sanitaires, salles d'eau, buanderie, rangements — sont regroupées dans des volumes compacts conçus comme de véritables meubles habités. Ces éléments structurent les parcours, fabriquent des seuils et libèrent les espaces principaux de toute contrainte fonctionnelle. Ils organisent le vide autant qu'ils construisent le plein. L'espace domestique ne résulte plus d'une juxtaposition de pièces mais d'un dialogue entre volumes construits et espaces libres. Au cœur de cette composition, une travée développée sur toute la hauteur de la maison relie les trois niveaux. Plus qu'un vide, elle constitue un espace commun vertical qui met en relation les différents lieux de vie, favorise les échanges visuels et révèle la générosité du volume existant. Cette continuité spatiale augmente la perception de l'espace sans augmenter la surface construite. Les percements sont entièrement repensés selon une logique d'usage. Les pièces communes bénéficient de larges ouvertures qui prolongent les espaces vers le paysage, tandis que les chambres conservent des ouvertures plus contenues, adaptées à l'intimité recherchée. Certaines baies deviennent des lieux à part entière en intégrant des assises ou des banquettes qui invitent à habiter l'épaisseur du mur et à contempler le paysage. Enfin, le projet cherche à redonner une unité à une maison dont les transformations successives avaient fragmenté l'identité. Le socle est affirmé comme un élément d'ancrage dans la topographie. Il se prolonge ponctuellement pour former des soutènements et accompagne les différents niveaux du terrain. Une palette volontairement restreinte de matériaux, de textures et de couleurs vient unifier l'ensemble : traitement homogène des enduits, lecture claire entre socle et superstructure, menuiseries et boiseries accordées dans une même gamme chromatique.
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