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dix9mai — Charlotte Besson-Oberlin|Outre-mer




Maison de ville. Saint Barthélémy, 5 suites, piscine, salon d'été, living room, cuisine ouverte et arrière-cuisine pro. Villa Hippocampe, Gustavia À flanc de colline, au-dessus du port de Gustavia, la Villa Hippocampe reprend le vocabulaire des cases créoles : varangues, jalousies, volets blancs. Une enveloppe fidèle aux maisons voisines, certaines centenaires, dans laquelle s'installe une écriture intérieure plus retenue. Les varangues ne sont pas traitées comme des seuils mais comme des pièces à part entière, où l'on vit et reçoit. Un escalier les relie au patio et à la piscine, prolongeant le salon vers l'extérieur. Les jalousies assurent la ventilation naturelle de la maison, sans recours systématique à la climatisation. Les matériaux sont choisis pour leur sobriété : orme, citronnier, mélèze, pierre de lave, travertin couleur de sable. Les lins aux tonalités lavées sont ponctués de laques plus contrastées. La palette s'inspire des couleurs de l'île, sans ostentation. La maison compte cinq suites, conçues comme des chambres d'hôtel, chacune avec ses propres essences de bois et sa lumière. Des œuvres d'artistes antillais, trouvées dans les galeries de Saint-Barth, l'ancrent dans son identité créole. Une maison de ville, pensée pour une tribu, construite pour durer.
La Villa Hippocampe appartient à un épicurien qui a longtemps vécu et travaillé sur l'île, et qui partage aujourd'hui son temps entre la Métropole et Saint-Barthélemy. Il souhaitait une maison capable d'accueillir ses enfants et petits-enfants, tout en pouvant être mise en location lors de certains temps forts de l'île — Thanksgiving, Noël, ou la St Barths Bucket Regatta, régate qui se tient au mois de mars. Lorsque le client m'a contactée, la coque de la villa avait déjà été dessinée par François Pécard, architecte installé sur l'île, qui n'intervenait plus sur le projet ; la construction était menée par ALBM Maîtrise d'œuvre d'exécution, fondée par Antoine Lagarde. Le client m'a confié son envie : une villa d'inspiration créole, sans ostentation, offrant néanmoins tout le confort nécessaire à un séjour agréable sur l'île — un refuge au charme discret. La villa, 450 m² habitables, se déploie sur deux niveaux. Au niveau rue, on pénètre dans un large séjour réunissant salle à manger, cuisine et arrière-cuisine ; s'y trouve également la suite Masters, entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite. Au niveau inférieur — accessible par un escalier depuis la terrasse et par un ascenseur-monte-charge depuis la passerelle d'entrée — se répartissent quatre autres suites, deux ouvertes sur la piscine, deux nichées dans le patio. Un séjour extérieur relie piscine et patio, offrant un lieu de vie aéré, avec vue sur le port de Gustavia.
À Saint-Barthélemy, et plus encore à Gustavia, principale ville de l'île, le foncier est rare et les parcelles étroites. Le terrain de la Villa Hippocampe, en hauteur des quais, s'étire tout en longueur — une configuration qui a guidé l'implantation de la maison et la répartition des volumes. L'île, en mer des Caraïbes, connaît une chaleur constante et un risque cyclonique réel. La construction devait donc conjuguer confort thermique et résistance : varangues protectrices, jalousies pour une ventilation naturelle, matériaux choisis pour leur tenue dans le temps. Les ressources en eau et en électricité y sont limitées, ce qui a orienté certains choix techniques et incite à limiter le recours à la climatisation mécanique au profit de dispositifs passifs. Le programme prévoyait cinq suites — chambre, dressing, salle de bains —, dont certaines de dimensions restreintes. L'enjeu était d'y maintenir un charme et un confort équivalents, indépendamment de la surface, par le soin porté aux matières, à la lumière et au dessin du mobilier sur mesure. Enfin, destinée à la location saisonnière, la villa devait être accessible aux personnes à mobilité réduite, tout comme l'une des cinq suites — une exigence intégrée dès la conception plutôt qu'ajoutée après coup.
La Villa Hippocampe reprend les codes créoles — varangues, jalousies — et s'ancre sur le site avec les contraintes locales plutôt que contre elles. Une fois franchie la lourde porte d'entrée en bois côté rue, puis la passerelle qui surplombe le patio du niveau inférieur, on pénètre au rez-de-chaussée dans le grand living-room de 70 m², où s'alignent sans rupture salon, salle à manger et cuisine. Un bardage en bois laqué blanc tapisse les murs, jouant avec la lumière naturelle comme avec la charpente, et met en valeur le sol en marbre gris ponctué de cabochons en marquina noir. Des panneaux peints par l'artiste Paul Elliott dissimulent la télévision — élément incontournable pour toute location sur l'île. Ouverte sur le salon, la cuisine en liquidambar aux teintes acajou et pierre du Zimbabwe se déploie en contraste, organisée autour d'un îlot central où l'on peut s'asseoir et discuter avec le cuisinier du jour. Les fenêtres, nombreuses, sont équipées de jalousies qui assurent une ventilation naturelle et limitent le recours à la climatisation — un enjeu réel sur l'île. Leurs ailettes hautes et réglables laissent passer l'air sans opposer de résistance aux vents forts des cyclones et tempêtes, écartant ainsi tout risque de bris. Pour pallier une chaleur qui rend parfois la vie extérieure difficile, de larges galeries couvertes prolongent le salon et ajoutent de la surface habitable. Meublées et pensées comme de véritables pièces, elles offrent des refuges de fraîcheur où lire, discuter, dîner en famille ou entre amis. Le living extérieur, relié au patio et à la piscine par un escalier — ou l'ascenseur —, devient à son tour un lieu de vie apprécié l'après-midi ; couverts et ouverts, ces espaces se comportent comme des couloirs où le vent s'engouffre, rendant la halte particulièrement confortable. Pour répondre aux souhaits du propriétaire et permettre une location ponctuelle, les cinq chambres ont été conçues comme cinq suites d'hôtel, chacune dotée de sa salle de bains en pierre de lave ou en travertin, et de son dressing aux grandes armoires à claire-voie dessinées spécifiquement pour le projet. Sur les murs et au plafond, en applique, plusieurs essences — du frêne olivier ou du mélèze — créent des effets graphiques qui animent sans surcharger, une manière de conférer du caractère y compris aux suites les plus modestes en surface. Destinée à la location, la villa devait aussi être accessible aux personnes à mobilité réduite, exigence intégrée dès la conception plutôt que corrigée après coup. L'ascenseur reliant les niveaux, déjà nécessaire pour desservir le living extérieur, le patio et la piscine, permet également de s'affranchir des dénivelés du terrain. L'une des cinq suites a été pensée dans cet esprit : circulations élargies, portes coulissantes plutôt que battantes, salle de bains à l'italienne sans ressaut, receveur de douche de plain-pied. Cette suite ne se distingue en rien des autres par le confort ou le soin apporté aux matières — seule la logique d'usage a été ajustée. Le mobilier, pour une large part dessiné et fabriqué dans des ateliers locaux, se pare d'essences brutes — orme, frêne, mélèze, acacia — associées à l'osier, la céramique, la pierre de lave et la laque blanche. Il est complété par des pièces chinées dans les galeries de l'île. Des lins aux tonalités lavées habillent canapés, fenêtres et lits, sans rompre l'harmonie d'ensemble. La touche finale revient aux œuvres d'art du propriétaire, pour la plupart signées d'artistes antillais — Stan Musquer, Paul Elliott Thuleau.
Le contour indique la commune du projet et le repère situe son centre. L’adresse précise reste confidentielle.
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