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Atelier Jori Architecture — Joanne Riachi|Île-de-France




Pensée pour un couple, leurs deux enfants et l’accueil ponctuel de leur famille, cette réhabilitation révèle les qualités d’une maison Art déco des années 1930 et de son extension des années 1950, situées dans un Site patrimonial remarquable à Suresnes. Le projet puise dans les ressources déjà présentes pour redessiner les manières d’habiter à toutes les échelles. Cette continuité va de l’architecture jusqu’au dessin d’une chaise. Quelques gestes précis suffisent ainsi à transformer la perception et la vie de l’ensemble. Une large ouverture relie les combles aux niveaux inférieurs et laisse circuler l’air, la lumière, les regards et la vie familiale. Une seconde, pratiquée dans le plancher haut de la terrasse de l’extension, fait entrer la lumière au cœur de l’espace des enfants. La maison des années 1930 et son extension, jusque-là peu liées, retrouvent ainsi une même cohérence. Cette continuité se prolonge dans le dessin de chaque élément. L’escalier, la verrière, l’îlot de cuisine, les rangements, les meubles vasques, les miroirs, les luminaires et les assises ne viennent pas simplement meubler la maison : ils prolongent l’architecture et accompagnent ses usages. L’intervention reste volontairement mesurée. Elle conserve, répare, réemploie et transforme autant que possible ce qui existe déjà. La même attention guide le choix de matières brutes, durables, biosourcées ou géosourcées. De l’ouverture sous toiture jusqu’au détail du mobilier, tout participe d’un même dessin.
Le projet est né d’une mise en relation par des consœurs et confrères architectes, qui avaient découvert cette maison sans parvenir à trouver une manière évidente de l’habiter et de la transformer. Les propriétaires souhaitaient l’adapter à l’évolution de leur vie familiale : donner davantage de place à leurs deux enfants, tout en continuant à accueillir ponctuellement leurs proches. Composée d’une maison des années 1930 et d’une extension des années 1950, elle devait aussi retrouver une unité sans perdre la mémoire de ses différentes époques. La confiance accordée à l’agence a ouvert une grande liberté de conception. Plutôt qu’une simple redistribution des pièces, le projet s’est construit à partir d’une lecture attentive du lieu, de ses matières, de ses usages et de ce qu’il pouvait encore offrir. Les combles sont alors apparus comme un espace à révéler pour le jeu, la lecture et les couchages d’appoint, tandis que l’extension pouvait accueillir les espaces des enfants. La commande s’est précisée peu à peu, jusqu’à englober l’architecture, l’aménagement intérieur et le mobilier. La maison a ainsi été pensée comme un tout, depuis la relation entre les deux corps bâtis jusqu’aux objets qui accompagnent la vie quotidienne.
La première contrainte venait du sol. La maison se trouve dans une zone exposée au retrait-gonflement des argiles : il fallait éviter d’ajouter du poids et écarter toute surélévation. L’enjeu était donc de trouver de nouveaux usages à l’intérieur même du volume existant, en intervenant le moins possible sur la structure. Le budget imposait la même précision. Chaque intervention devait être utile et concentrée là où elle pouvait transformer réellement la maison. Il ne s’agissait pas de tout refaire, mais de savoir où ouvrir, où conserver, où réparer. Le contexte patrimonial demandait lui aussi une certaine retenue. Située dans un Site patrimonial remarquable, la maison portait encore les traces de ses différentes époques et de nombreux éléments d’origine. La transformation devait les préserver sans figer le lieu dans son passé. Le programme familial était dense au regard des surfaces disponibles. La maison devait accueillir un couple et leurs deux enfants au quotidien, mais aussi leurs proches. Les pièces et les paliers étant de dimensions modestes, il fallait multiplier les usages, les rangements et les possibilités d’accueil sans encombrer les volumes ni perdre l’intimité de chacun. Enfin, la lumière manquait. Plusieurs espaces étaient étroits, sombres et peu ventilés, avec des problèmes d’humidité et de condensation. La profondeur et la mono-orientation de l’extension accentuaient encore cette situation, malgré le potentiel important de la maison.
Plutôt que de surélever, le projet investit les combles et recompose l’extension et la maison dans l’enveloppe existante. De nouveaux usages trouvent ainsi leur place sans ajouter de volume. Les moyens sont concentrés sur quelques gestes essentiels : ouvrir les combles et un mur porteur à l’étage, faire entrer la lumière au cœur de l’extension, fluidifier les espaces et les circulations et dessiner des éléments sur mesure. Un nouvel escalier prend place à l’étage sans sacrifier d’espace. Fin et léger, il relie les niveaux tout en laissant passer la lumière. Le projet préfère la continuité à la rupture. Portes, moulures, briques pleines, briques de verre, parquets et certains meubles sont préservés, réparés ou réintégrés. Un parquet en chêne massif, marqué par le temps et les piqûres d’insectes, est traité puis reposé. Des tubes d’acier réemployés deviennent des luminaires, des pieds de table et le garde-corps de l’escalier. Des chutes de cuir naturel deviennent des assises. Les espaces sont dessinés au plus près de la vie familiale. L’extension accueille la chambre et la salle de bains des enfants. Les combles deviennent un lieu de jeu, de lecture, de rangement et de couchage d’appoint. Le mobilier prolonge l’architecture : chaque pièce est unique, pensée pour libérer les circulations, préserver la lumière et accueillir plusieurs usages. L’îlot de cuisine, les tables, les chaises hautes, les rangements, les meubles vasques et les assises sont dessinés comme des pièces uniques, pensées spécialement pour la maison. La lumière devient alors un véritable matériau du projet. Une large ouverture dans le plancher des combles relie les niveaux et favorise la circulation de l’air. Dans l’extension, une seconde ouverture, pratiquée dans le plancher haut de la terrasse, fait descendre une lumière zénithale jusqu’au cœur des espaces. Cette recherche de légèreté se poursuit jusque dans les objets. Les chaises sont conçues avec un minimum de matière : une structure très fine en tubes d’acier inoxydable de 0,8 mm et des chutes de cuir naturel. La même finesse guide les tables, les assises hautes et l’escalier. Une palette de couleurs claire accompagne la lumière et relie les différentes pièces. De la structure au mobilier, chaque élément est dessiné pour la maison, avec peu de matière et beaucoup d’attention.
Le contour indique la commune du projet et le repère situe son centre. L’adresse précise reste confidentielle.
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