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Tout Va Bien ! architecture — Stéphane Herpin|Provence-Alpes-Côte d'Azur




Le projet conçu par l'agence Tout Va Bien (Camille Chapin et Stéphane Herpin) pour Simon et Manon consiste en la surélévation et la restructuration d'une maison de ville dans le 6e arrondissement de Marseille. Initialement de 45m², la surface du logement a été agrandi à 115m². Au-delà de la réponse programmatique — ajouter un étage de chambres et une toiture-terrasse accessible tout en répondant à un budget restreint — l'intention du projet est de démontrer qu'il est possible de densifier la ville sur elle-même, sans artificialiser de nouveaux sols, en s'appuyant sur les qualités structurelles d'un patrimoine ordinaire trop souvent voué à la démolition-reconstruction.
La demande initiale de la maitrise d'ouvrage portait sur une volonté de pouvoir faire évoluer leur cadre d'habitat tout en restant ancré·es dans leur quartier. Le prix du foncier soumis aux logiques spéculatives grandissante dans le secteur, il était impossible pour eux d'envisager acheter plus grand ou construire neuf à proximité. Propriétaires du logement supérieur de la copropriété, la surélévation s'est alors présenté comme la solution la plus adaptée à la situation. L'immeuble concerné appartient à la typologie du « trois fenêtres » marseillais, héritée du XIXe siècle, dont la trame simple et le principe constructif récurrent (murs mitoyens en moellons, planchers et charpente bois) offrent une masse constructive propice aux surélévations légères. Ici, la maison de ville avait déjà fait l'objet d'une surélévation dans les années 1950, caractérisée par un porte-à-faux en cœur d'îlot et un retrait côté rue, liées aux évolutions du PLU. En respectant les règles d'urbanisme actuelles, plutôt que de figer une volumétrie initiale, l'agence a choisi de travailler de manière itérative entre structure et espace, en considérant la structure bois non comme une contrainte mais comme un support d'exploration architecturale.
Ce parti s'accompagne d'un engagement fort en faveur du cyprès de Provence, essence locale peu valorisée en bois d'œuvre malgré des qualités structurelles remarquables (légèreté, durabilité naturelle, mise en œuvre sèche). En le choisissant, en refusant les panneaux de particules au profit d'un contreventement par feuillards métalliques, et en s'associant à un charpentier-scieur qui a lui-même acheté une scierie pour maîtriser sa chaîne d'approvisionnement, le projet propose une alternative concrète aux logiques de standardisation et de dépendance aux matériaux industrialisés.
Enfin, l'intervention porte une attention constante au contexte : dialogue avec le tissu bâti et les vis-à-vis, souci du voisinage pendant le chantier, recomposition de la rue en lien avec les services d'urbanisme. Le projet revendique une forme de « jeu » — au sens de Huizinga et du bricolage selon Lévi-Strauss — comme moteur d'invention à l'intérieur d'un cadre contraint : celui du bâti existant, de la réglementation, des ressources disponibles. Il en résulte une surélévation en cyprès qui redonne au quotidien de ses habitant·es une intensité qui dépasse la simple fonctionnalité, tout en démontrant la réplicabilité de la démarche à l'échelle du tissu marseillais.
Le contour indique la commune du projet et le repère situe son centre. L’adresse précise reste confidentielle.
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