© © David Boureau
Le programme a donc été soigneusement élaboré en étroite collaboration avec l’équipe du Point Ephémère, qui explique pourquoi le vocable guinguette fût employé :
« C’est sous le terme de guinguette que le projet désigne le café culturel. Loin d’être un anachronisme des deux siècles derniers, le vocable revêt bien la demande actuelle du quartier en termes de convivialité et de création de lien social. Certes, dans une guinguette, on y danse, on y boit mais surtout l’on s’y côtoie dans une mixité bienvenue. C’est un endroit de stabilité dans ce quartier qui apparaît aujourd’hui comme un espace de circulation. Il nous semble donc important d’imaginer dans la structure même de ses façades, des murs média, des colonnes de pixels «sur mesure» appuyant architecturalement les lignes de force du bâtiment et permettant de relayer quantité d’informations ».
Le projet reprend les grandes lignes du programme souhaitées par l’exploitant qui le désirait comme un signal urbain, une architecture non formatée et cultivée… L’EP7, nom actuel de l’équipement tire cette appellation du nom de la parcelle, et fût employé dès la programmation. Il est souhaité comme « lieu singulier et mouvant, de culture et cultivé ». Il est voulu comme une île, qui « attire et soustrait », un lieu à part et différent. « Un lieu qui se nourrit de son public, de ses échanges de ses rencontres… »
« Un lieu qui diffuse et rayonne (ses parois sont vectrices d’images et d’information). Tel Janus, comme le quartier d’affaires qui l’accueille, sur des rythmes inversés, la guinguette mute en fonction des heures du jour et de la nuit. Le lieu de tous les possibles ». Leur proposition, un lieu de vie.
Le rez-de-chaussée est largement ouvert, sur l’avenue de France, sur la Place Jean-Michel Basquiat. Son sol, dans la continuité de l’espace public le prolonge jusqu’au sein de l’EP7. Les circulations verticales en nombre de deux sont excentrées latéralement pour répondre aux exigences de sécurité (établissement recevant du public ERP), pour les besoins de flexibilité (privatisations possibles avec des accès dédiés), pour améliorer les performances acoustiques. Ces deux « blocs » verticaux jouent un rôle tampon afin de protéger les logements à proximité des nuisances sonores.
Enfin ce dispositif libère trois plateaux « libres » sur trois niveaux. Les parties techniques regroupant les réserves, les vestiaires et sanitaires l’espace scène, le bar et ses réserves se glissent sous les volées d’escaliers. Les circulations verticales accompagnent le visiteur aux niveaux supérieurs. Chaque palier est l’occasion d’échappées (larges baies vitrées) sur la ville… Le restaurant, implanté au dernier niveau, se donne à voir, et laisse entrevoir au sud sur la Place le vieux 13ème, au nord sur l’avenue, la Seine, le Tribunal de Grande Instance et la ville en devenir. Enfin, le troisième plateau : belvédère, solarium, lieu de détente ou de fête offre un espace inouï surplombant le parvis et l’avenue.
Le programme rêvé « un lieu privilégié pour tous, imaginé telle une terrasse dans une médina imaginaire ».

