Quelle est la philosophie de votre agence ?
La fonction première de l'architecture est de fournir un abri, idéal lointain à l'épreuve de la société du confort, vers lequel j'aime toujours regarder. Je m'inspire beaucoup du Grand Nord et des peuples hyperboréens. Les Inuits ont développé au fil des siècles une intelligence commune exceptionnelle. Elle leur a permis de vivre dans un milieu très difficile, avec peu de ressources et un grand sens des responsabilités. Jean Malaurie [ethno-historien français, NDLR] aime à dire que les peuples premiers sont des peuples en réserve. Pourrait-on penser que les architectures primitives sont en devenir ?
Comment définiriez-vous votre écriture architecturale ?
Notre atelier a une sensibilité particulière pour les milieux ruraux, les petites villes et les architectures enracinées dans leur territoire et leur patrimoine. Il s'y développe une réflexion spécifique à chaque lieu, à chaque usage, dans une approche économique et un désir d'écologie. La petite échelle y questionne l'échelle territoriale. Des solutions alternatives à la standardisation s'y dessinent.
Avez-vous une devise ?
Faire avec !
Quelle est votre vision d'une architecture responsable ?
J'aime définir l'architecture comme l'art de concevoir des édifices, ancrés dans leur(s) milieu(x), quelque part entre nature et culture, entre tradition et modernité. Il s'agit pour moi d'imaginer des espaces durables et évolutifs et de construire avec le moins possible, et la notion d'ancrage me semble en être la condition première.
Quels sont les matériaux avec lesquels vous aimez particulièrement travailler ?
Il semble exister un lien privilégié entre la peau et l'écorce. Le bois sans aucun doute.
Sur quel projet rêvez-vous de travailler ?
Le prochain.
État des lieux
Un couple, parent de deux enfants, contacte Tristan Brisard après avoir découvert son projet « Poignée de châtaigne », qui proposait l'extension d'une maison d'une petite commune du nord de Nantes. Propriétaires d'une maison donnant sur la plage de Villès-Martin, à Saint-Nazaire, le couple souhaite augmenter la surface de leur habitation et fournit à l'architecte une référence qui pourra aiguiller sa proposition : un livre sur les micro-architectures japonaises.
La réponse des architectes
Du fait de la situation privilégiée de la maison d'origine, les architectes proposent un projet d'extension qui permettra, en prenant de la hauteur, de permettre des points de vue sur la mer et la pointe Saint-Gildas, sur la rive gauche de l'estuaire de la Loire. Grâce à l'extension, les surfaces des pièces de vie existantes sont augmentées et les espaces réorganisés pour mieux correspondre aux usages de la famille.
FICHE TECHNIQUE
architecte Tristan Brisard
www.tristanbrisard.com
localisation Saint-Nazaire (44)
livraison 2020
bâti d'origine 1880, puis 1920, puis 1980
durée des études 12 mois
durée des travaux 10 mois
surface 116 m2
coût des travaux 250 000 € TTC
matériaux épicéa (escalier, mobilier) / ardoise (couverture)
fournitures poêle à bois de chez Aäsgard
Dans ce projet, les architectes de talu, en accord avec leur approche de travail minimaliste inspirée des architectures primitives, ont opté pour un emploi très restreint de produits manufacturés. Le confort du chauffage n'étant toutefois pas un luxe dont peut se passer une maison de bord de mer, un poêle à granulés Blade de chez EdilKamin a été sélectionné et installé au rez-de-chaussée de l'extension. Un système de redistribution permet de faire bénéficier de la chaleur du poêle à tous les niveaux de l'extension.
www.edilkamin.com
Si les maîtres d'œuvre ont choisi de doter l'escalier de garde-corps en filets de pêche, il est possible de trouver un équivalent chez LoftNets, fabricant de filets d'habitation en polyester marine 3S® ou en polypropylène, traités contre les ultraviolets pour prévenir toute détérioration.
www.loftnets.com

