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VENTILATION NATURELLE : LE POINT SUR LA RÉGLEMENTATION

2014-05-27|Avivre Éditions et Tribu

© © Atelier Philippe Madec

Arrêté du 22 octobre 1969

Il a déterminé le principe du balayage : l’air neuf doit entrer par les pièces principales et sortir par les pièces humides, après avoir librement traversé tout le logement. Ce balayage normatif, général et permanent a marqué la fin de la ventilation naturelle et le début de l’essor des systèmes mécaniques.

 

Arrêté du 24 mars 1982

Il a fixé le débit de renouvellement d’air moyen des logements autour de 0,5 vol/h, et près de moitié moins l’année suivante avec l’introduction des ventilations hygroréglables. Nettement insuffisant pour la qualité de l’air intérieur, ce faible débit importait peu tant que l’enveloppe « passoire » des logements assurait le complément sous forme de « fuites » salutaires. Mais depuis que l’on sait traiter efficacement l’imperméabilité à l’air de l’enveloppe, ce complément bien utile a disparu et les logements sont sous-ventilés.

 

Comparaison européenne

Depuis 1982, la réglementation n’a pas évolué alors que les connaissances progressaient nettement dans le domaine de la qualité de l’air intérieur. Les normes européennes EN 15251 et 13779 sont d’ailleurs construites sur cette nouvelle vision des choses. Elles conduisent à des débits d’air de l’ordre de 1 vol/h en logement et de 50 à 65 m3/h par personne dans les bureaux ! Ces valeurs sont incompatibles avec les pratiques réglementaires d’aujourd’hui et il est nécessaire de trouver un arbitrage convenable entre santé et énergie (pollution liée à l'occupation : 30 m3/h/personne ; pollution liée au bâti : 0,5 vol/h pour le logement, 0,7 vol/h en tertiaire). Dans les zones froides de l’Hexagone, une récupération de chaleur est indispensable, et nous ne savons actuellement la réaliser efficacement qu’avec une VMC double flux. Mais sous les climats moins rigoureux, cette conciliation santé/énergie est un boulevard ouvert à la ventilation naturelle.

 

Pistes pour l’avenir

Les exigences de qualité de l’air intérieur (qai) définies dans la norme EN 15251, sont d’environ 1 vol/h en logement. La RT 2012, elle, a été calée, en résidentiel, sur le simple flux hygroréglable (une spécificité nationale), soit 0,25 à 0,3 vol/h. Une amélioration de la qai conduit donc à une remise en cause importante des solutions techniques actuelles pour répondre aux exigences de la RT 2012. Y sommes-nous prêts ?

 

 

LEXIQUE

Aération sanitaire

Popularisée par les hygiénistes de la fin du XIXe siècle, elle visait essentiellement les polluants liés à l’occupation (vapeur d’eau, CO, CO2, etc.), mais bénéficie aujourd’hui des nouvelles connaissances sur la qualité de l’air intérieur (qai) et notamment sur les COV, bio-contaminants et particules émises par les revêtements du local. On distingue donc désormais la pollution liée à l’occupation et celle qui vient du bâti lui-même.

Ventilation pour le confort d’été

Vieille comme le monde, elle a été oubliée depuis quelques décennies au profit des systèmes de rafraîchissement ou de climatisation énergivores.

Débits de renouvellement d’air

En cas d’aération hygiénique, les débits nécessaires sont de l’ordre de 0,5 à 1 vol/h (volume/heure) en logement, 1 vol/h en bureau, voire 3 à 4 vol/h dans une salle de classe. Pour le confort d’été, on se situe dans des plages bien plus importantes, supérieures à 10 vol/h et jusqu’à 20 ou 30 vol/h. Seule la ventilation naturelle permet d’atteindre ces débits.

Surventilation directe ou free cooling

Elle est utilisée en période d’occupation des locaux, quand la température est plus fraîche à l’extérieur qu’à l’intérieur. En résidentiel, cela concerne la ventilation des chambres grâce à la fraîcheur des nuits d’été. Mais c’est aussi le cas, très fréquent, du tertiaire en demi-saison, en début d’été ou tôt le matin lors d’une chaude journée, quand il fait plus frais dehors que dedans.

Surventilation différée ou surventilation nocturne

Cette surventilation avec déphasage est adaptée aux bâtiments à utilisation intermittente, comme les bureaux ou les équipements scolaires. La fraîcheur de la nuit est alors stockée dans l’inertie disponible de la structure (dalle de plancher sans faux plafond, mur intérieur) pour que les usagers en bénéficient par réémission le jour suivant.

Ventilation par mouvement d’air

Ici, on recherche moins l’évacuation des surchauffes que la faculté d’un courant d’air à accélérer l’évapotranspiration cutanée avec production de fraîcheur adiabatique (par évaporation) et élimination de la mouillure sur la peau. Parfois jugée désagréable sous nos latitudes, cette solution est très courante dans les zones tropicales, où l’on considère qu’une vitesse d’air de 0,5 à 1 mètre/seconde procure une agréable sensation de fraîcheur. Cela pourrait constituer une réponse appropriée aux effets futurs du changement climatique en métropole.

Vitesse d’air

Une augmentation de la vitesse de l’air de 1 m/s améliore la température de sensation de confort de 4 à 5°C. Les brasseurs en plafond (qui consomment relativement peu d’énergie) sont de bonnes solutions pour supporter un épisode de chaleur.

Évapotranspiration

La présence de plantations autour des bâtiments entraîne une élévation de l’humidité ambiante de l’air et favorise le rafraîchissement par évapotranspiration.

Porosité

Elle est définie par le rapport entre la surface libre de tous les orifices d’une pièce et la surface utile de ce local. Pour la ventilation naturelle de confort, elle doit être au moins de 6 %. Mais un doublement de la porosité entraîne une augmentation de l’ordre de 40 % de l'efficacité de la ventilation naturelle.

 

POUR EN SAVOIR PLUS

+ ICEB/ARENE, Guide Bio-tech : Ventilation naturelle et mécanique, février 2012,

téléchargeable sur www.areneidf.org

+ ICEB/ARENE, Guide BioTech : Confort d’été passif – Vivre bien en été sans climatisation, c’est possible, avril 2014.

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