© © David Foessel
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LES PROTAGONISTES « Cela faisait un moment que Clément et moi avions envie de collaborer sur un projet, alors quand ce couple d'amis lui a proposé de rénover ce pavillon, nous avons sauté le pas, tout en sachant que nous ferions la conception ensemble et que je m'occuperai seul du suivi de chantier. C'était leur deuxième achat : ils habitaient alors un appartement dans le 18e arrondissement parisien qu'ils avaient eux-mêmes rénové. L'ensemble était hyper marqué : nous savions donc qu'ils n'avaient peur ni de la couleur, ni des motifs. Au contraire ! » |
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SITUATION INITIALE « Construit sur trois niveaux dont un sous-sol, le pavillon venait d'être remis à neuf pour la vente. Pourtant, son architecture était peu travaillée, surtout au rez-de-chaussée où se trouvait une pièce de vie, une cuisine fermée, des sanitaires et une chambre. L'ensemble était donc cloisonné et sombre, alors que la maison est exposée à la lumière tout au long de la journée. Rapidement, nous avons pris le parti de tout ouvrir : il fallait qu'à peine entré, le visiteur ait déjà l'impression d'être sur la terrasse ! » |
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SURPRISE AUX PETITS COINS « Si les clients souhaitaient un intérieur un peu plus mature que celui de leur précédent appartement, ils voulaient toujours disposer de pièces à l'esthétique forte, comme les toilettes des invités dans lesquels ils avaient à l'époque appliqué un motif géométrique assez dingue. Pour eux, ce devait être une pièce un peu folle, d'où la volumétrie atypique, l'omniprésence du vert ainsi que les jeux de miroirs. » |
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L'INCIPIT « Pour moi, la narration est cruciale dans la conception d'un projet. C'est en écrivant une histoire que l'on propose une véritable expérience. Ici, il était assez facile d'imaginer quelque chose avec les clients, du fait de leur goût pour la couleur et les papiers peints. L'entrée, par exemple, est soulignée par la penderie dont les placards sont habillés de papier peint Jardin d'osier de chez Hermès. » |
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PÉRIPÉTIES DÉROBÉES « Préexistante, la cage d'escalier séparant le nouveau salon de la cuisine était un peu problématique du point de vue de la lumière, mais nous ne pouvions pas la déplacer pour cause de budget. L'idée a donc été de valoriser cet élément avec des tasseaux de bois. Toujours dans un souci de scénarisation, c'était aussi un moyen de dissimuler la porte menant au sous-sol, lequel doit, à terme, faire l'objet d'une rénovation. » |
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REBONDISSEMENTS MIROITANTS « Au rez-de-chaussée, certains détails contribuent à illuminer les lieux, à l'image de la crédence de la cuisine habillée d'aluminium brillant teinté laiton qui renvoie les rayons du soleil. Nous avons volontairement écarté l'option d'un miroir réfléchissant pour amplifier la vibration, créer comme une sorte d'onde. » |
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NARRATEUR OMNISCIENT « Si je tiens à être présent sur le chantier, c'est pour pouvoir rapidement trouver des solutions aux problèmes, mais aussi pour finaliser certains détails et ainsi conserver un rapport manuel au projet. J'ai par exemple réalisé moi-même le baguettage. Quant aux arrondis en parties haute et basse des tasseaux, c'est un détail que j'ai mis au point sur place avec l'ébéniste et qui rappelle les nombreuses courbes présentes dans la rénovation. » |
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ÉLÉMENT PERTURBATEUR « À l'origine, nous avions imaginé quelque chose d'assez délirant dans la chambre parentale, une tête de lit en cuir, molletonnée et tout hauteur ! Et puis l'idée a été abandonnée… Comme la cliente avait envie de liège, un matériau qui lui rappelait des souvenirs d'enfance, j'ai pensé à JPS Cork, une entreprise au Portugal qui produit des revêtements en liège avec des motifs incroyables. Cela permet également d'appuyer la courbe que l'on retrouve aussi sur la cloison de cette pièce de nuit. » |
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RÉINTERPRÉTATION LITTÉRAIRE « Les clients souhaitaient disposer d'une salle de bains un peu différente, et il s'agit par ailleurs d'une typologie que j'aime réinterpréter. C'est de là que découle cette pièce un peu japonisante, plus proche d'un salon de bains que d'une pièce d'eau classique, avec son sol carrelé d'émaux de Briare - dont la pose et le calepinage ont d'ailleurs demandé beaucoup de travail de la part des artisans. » |
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INTRIGUE DYNAMIQUE « J'ai toujours eu à cœur d'imaginer des intérieurs dynamiques, ce qui passe aussi par des parcours, des déambulations différentes. Pour cela, la ligne droite n'est pas toujours idéale. Nous avons donc travaillé la courbe dans les circulations ; elle offre en outre une liberté de mouvement, permet de travailler sur des lumières rasantes et même d'optimiser certains espaces. » |
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ET ILS VÉCURENT HEUREUX... « Quitte à jouer du papier peint, autant y aller ! Nous en avons donc utilisé jusque dans la salle de bains - ici, il s'agit de JER de chez La Chance, sur lequel nous avons appliqué une finition étanche, à mi-chemin entre la résine et le vernis. Si, en tant que concepteurs, nous avions un peu peur d'un intérieur aussi marqué, avec autant de motifs, la cliente, elle, nous confirme que sa famille et elle se sentent toujours aussi bien dans la maison ! » |
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