© © Lionel Henriod
État des lieux
Situé à l’extérieur d’un village du canton du Valais, en Suisse, le bâtiment est à l’origine une simple grange. Construit en maçonnerie, bois et pierre à la fin du XIXe siècle, il profite néanmoins d’un site naturel exceptionnel : la retraite d’un glacier a laissé derrière lui une flore et une faune étonnante, dont une espèce rare de sauterelle rouge. En 1975, une première intervention sommaire le transforme en petit chalet rustique pour des vacances en famille. Bien des années plus tard, la fille des propriétaires se rapproche de l’architecte Ralph Germann pour rénover les lieux qu’elle souhaite dorénavant utiliser comme résidence principale. Les travaux sont importants pour l’accorder aux standards contemporains, que ce soit en termes d’isolation, de chauffage ou de confort. Il doit pouvoir accueillir un couple sans enfant à toutes les saisons, et séparer clairement zone de vie et espaces intimes dans 60 mètres carrés seulement.
Réponse de l’architecte
Les façades extérieures devant être conservées le plus possible à l’identique – seules les ouvertures sont agrandies pour profiter des vues spectaculaires et équipées d’un verre en double vitrage –, les propriétaires et l’architecte décident de protéger le chalet de l’intérieur. Seize centimètres de laine de verre et de pierre assurent protections thermique et phonique. Un placage de mélèze habille ensuite entièrement les murs et le sol. L’ancien plan du quadrilatère est découpé en trois séquences (entrée, pièce de vie, chambre) autour d’un mur central en L qui sépare les activités. Pour optimiser l’espace, toutes les séparations sont des cloisons coulissantes, la pièce d’eau est réduite à l’essentiel, tandis qu’un banc suspendu à l’entrée permet non seulement de s’asseoir à l’aise mais cache aussi intelligemment les chaussures.
Détails
L’unique essence de bois sélectionnée permet de donner une unité à l’ensemble, tout en agrandissant visuellement ce petit espace. Seuls la blancheur du plafond et de la cuisine, le volume satiné abritant les W.-C. et la cheminée en acier noir tranchent dans cet univers volontairement minimal, voir monastique. L’ambiance est entretenue par le dépouillement de l’agencement et des détails : armoires sans poignée, spots intégrés, mobilier sur mesures. Pour ce dernier, un placage en mélèze huilé a été préféré pour donner un aspect plus sophistiqué que l’essence brute utilisée pour les murs et les planchers.

