© ® Amaury Laparra
Nichée dans la forêt des Landes, sur la commune de Lit-et-Mixe entre la dune du Pilat et Bayonne, la Maison des Landes incarne une vision évolutive de l’architecture. Maud Caubet, architecte parisienne, a imaginé une habitation suspendue composée de volumes qui s’articulent comme des « cabanes » greffées les unes aux autres. « L’idée était de créer un bâtiment énigmatique, qui se fonde dans le paysage comme des morceaux de bois suspendus », explique-t-elle.
Le projet, commencé en 2018, a été pensé pour s’adapter aux besoins changeants de ce couple avec enfant. Initialement conçue comme une maison secondaire avec seulement une pièce à vivre et deux chambres, elle est devenue une résidence principale, conduisant à l’ajout d’un deuxième volume en 2024 pour une chambre parentale plus grande. « C’est une approche humble : on propose des espaces qui peuvent évoluer sans dénaturer le site », souligne Maud Caubet. Pour ancrer la construction dans le sol sableux, il a fallu installer des micropieux très profondément et ajouter un socle en béton constitué de murs et de pilotis. Ceux-ci cadrent le paysage tout en libérant l’espace au rez-de-chaussée pour un atelier et un garage pour cet amateur de voitures de collection. C’est aussi là que prend place un bassin un peu particulier : le fond en bois peut affleurer le sol en hiver pour constituer une terrasse et s’abaisser l’été pour se transformer en piscine. L’eau est filtrée naturellement à l’aide d’algues, évitant tout système chimique.
Le nouveau volume, lui aussi perché sur des pattes de béton, est relié à l’existant par un couloir matérialisé à l’extérieur par une vêture métallique. Le reste fait la part belle au bois. En effet, le choix des matériaux reflète une démarche bioclimatique et locale. La structure en ossature bois, remplie d’un isolant en laine de bois, est bardée de pin maritime des Landes, teinté d’une lasure brune pour se fondre dans les troncs des pins environnants. « On a travaillé avec un charpentier local et utilisé du bois usiné à proximité, dans une logique de circuit court », précise Maud Caubet. Car, pour éviter un bardage trop lisse, l’architecte a demandé à découper les lames en profondeur afin d’évoquer davantage l’écorce des arbres et d’assurer un meilleur vieillissement du matériau. Les façades s’ouvrent sur la forêt au sud et à l’ouest, tandis que celles exposées aux vents venant du nord et de l’est sont fermées pour protéger les occupants, de grandes persiennes en lattes de bois verticales venant également abriter les chambres.
À l’intérieur, l’ambiance est marquée par des couleurs inspirées de la nature – bleu océan, vert profond – et des finitions sur mesure, comme le bar en céramique et la salle de bains. « Le client a beaucoup participé à la décoration, c’était un échange très riche », confie Maud Caubet. Le patio central et la toiture végétalisée renforcent le lien avec le jardin, modeste mais luxuriant car riche d’espèces végétales endémiques laissées libres. Ce projet illustre bien la philosophie de l’agence qui aime allier pragmatisme et poésie. Une réussite qui pourrait s’enrichir d’un troisième volume, prouvant que l’architecture peut être à la fois durable et évolutive.

