© © Laurent Wangermez
Typiquement landais, un airial est un terrain couvert de pelouse et planté d’arbres, situé à l’avant des maisons de la campagne gasconne. C’est le point de départ de ce projet implanté en lisière d’un village du nord des Landes, car en guise de terrain, les architectes découvrent une clairière bordée de chênes au sein de l’étendue de pins environnante. L’enjeu premier sera de déterminer l’implantation de la maison pour préserver la densité boisée du site et bénéficier de son ombrage naturel. En effet, l’environnement étant partie intégrante du projet, ils vont imaginer une conception aux ouvertures plurielles pour créer un lien fort avec le paysage, qui varie au fil des saisons. De plus, l’intégration des feuillages dans le projet bioclimatique permet de filtrer la lumière estivale tout en laissant le soleil pénétrer en hiver.
Répondre aux besoins
La commande provenait d’une jeune famille en devenir à la recherche d’une résidence principale. La distribution des 200 mètres carrés devait prendre en compte les évolutions du foyer, avec notamment deux chambres jumelées et séparées par une porte coulissante double, permettant de moduler l’espace selon les besoins des enfants, une suite parentale avec salle de bains et dressing, une salle d’eau partagée, une chambre d’amis-bureau avec mezzanine et un garage pouvant accueillir deux véhicules. Avec, comme zone de vie, un grand séjour lumineux, une cuisine ouverte et de nombreux rangements.
Être en osmose avec le cadre…
La conception résonne comme un écho au site environnant pour mieux s’y fondre : le bois est en majesté, omniprésent, dedans comme dehors. La maison est ainsi construite en structure poteaux-poutres en bois lamellé, volontairement surdimensionnés, visibles aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, dans cette volonté d’être vraiment dans une continuité permanente de l’espace. Certaines travées sont comblées par des panneaux à ossature bois bardés de liteaux en pin des Landes, apportant opacité et contreventement. À l’intérieur, les plafonds sont habillés de pin des Landes. Ce matériau est repris dans les nombreux rangements intégrés dès l’entrée.
Les volumes inclinés favorisent des hauteurs généreuses, optimisées dans les chambres par l’ajout de mezzanines au-dessus des pièces d’eau. Cette configuration permet de bénéficier d’orientations multiples dans chaque pièce, amplifiant la relation avec l’extérieur. L’association des chênes présents, des débords de toiture et des brise-soleil crée un jeu d’ombres et de lumières en constante évolution sur les façades auxquelles s’adosse, côté sud, une pergola également en bois.
… et en osmose avec l’époque
Plus qu’un habillage, pour ce projet, les architectes ont cherché à revisiter les techniques traditionnelles landaises à pans de bois en y intégrant des savoir-faire contemporains. Comme ils l’expliquent, la maison est composée de deux volumes de 5 x 20 mètres : « En toiture mono-pente, ils sont décalés de 5 mètres l’un par rapport à l’autre. Au centre, une travée de 2 mètres de large, avec un toit plat, sert de jonction entre les deux et constitue l’épine dorsale de la maison en la traversant de part en part. Elle signale l’entrée, d’où l’on peut apercevoir la terrasse au sud par transparence. »
L’utilisation de la tuile locale est aussi une composante essentielle de l’esthétique. Le projet a d’ailleurs reçu un prix Architendance en 2024 pour cette parfaite intégration, le jury soulignant le travail subtil réalisé sur des points tels que l’écoulement des eaux de pluie.
Performance énergétique
Les architectes ont intégré la présence des arbres et des feuillages à la conception bioclimatique de la maison, car l’objectif était aussi de privilégier un ombrage en été et de laisser le soleil pénétrer au cœur de la maison en hiver.
L’usage du béton est limité aux fondations et au dallage, tandis qu’un plancher chauffant-rafraîchissant, alimenté par une pompe à chaleur air-eau, assure le confort thermique. Le choix a été fait de ne pas installer de gouttières, le sol sableux étant très infiltrant. L’eau de pluie est directement absorbée en pied de façade. Les débords de toiture participent à l’évacuation naturelle de l’eau tout en renforçant l’effet de protection solaire. Ainsi, ce projet est le fruit d’une écoute et d’une belle appropriation du site. Il exprime bien la philosophie de l’agence, en effet, Oeco est l’acronyme d’« œuvre collective ». L’équipe aime à s’appuyer sur un socle commun d’expériences et de références, à ouvrir un dialogue avec les maîtres d’ouvrage, pour penser des architectures pérennes, ancrées dans leur environnement. Dont acte.

