© ©Vincent Leroux, Takuji Shimmura
Un mirage de lumière et de verdure. C'est la première image qui s'impose lorsque l'on découvre l'immeuble , livré en août 2021 par l'Atelier du Pont. Inutile de chercher à repérer le bâtiment depuis la vrombissante rue de Bagnolet : il se déploie en cœur d'îlot, au-delà de la muraille linéaire formée par de grands et tristes HLM. Ce n'est qu'après s'être faufilé sous un porche peu amène que l'on tombe nez à nez avec une superbe façade de verre et de métal. En levant les yeux, on croise le regard des gardiens des lieux : émergeant de ce que l'on devine être un premier niveau de terrasse, une armée de tournesols nous guette.
Il faut dire qu'il y a effectivement beaucoup à défendre, de l'autre côté de la muraille grise. Lors du concours, la demande de la maîtrise d'ouvrage était à la fois claire et complexe : il s'agissait, en occupant l'intégralité de la parcelle, de proposer un bâtiment convivial, performant sur le plan énergétique et capable d'offrir une grande flexibilité d'usages. Le nouveau siège de RATP Habitat succède à un bâtiment en béton des années 1980, sur un site à l'accès compliqué : les engins et matériaux acheminés doivent pouvoir, au choix, franchir le porche susnommé, relativement bas, ou passer par le terrain de l'EHPAD voisin… Face à cette problématique, le choix est fait de mettre en œuvre un maximum d'éléments préfabriqués. Le bois s'impose en outre comme une solution moins énergivore, mais également plus légère : « La nouvelle structure est tramée sur celle du parking préexistant afin de limiter les reprises structurelles en sous-sol », précise Philippe Croisier, cofondateur, avec Anne-Cécile Comar, de l'Atelier du Pont. L'ossature de l'immeuble de bureaux est donc constituée de poteaux et poutres en épicéa lamellé-collé, sur lesquels reposent des dalles de plancher en béton. Celles-ci sont percées en trois occurrences, laissant place à un atrium et deux patios. En plus d'un magistral apport de lumière zénithale, ces dispositifs assurent la ventilation des plateaux de bureaux, de même que l'enveloppe du bâtiment, qui reprend un système de châssis fixes et de vantaux à la française en triple vitrage. La maîtrise d'ouvrage ne peut être que satisfaite : par sa conception bioclimatique et sa grande compacité, le bâtiment atteint largement les objectifs de performance énergétique escomptés, tout en offrant aux employés de RATP Habitat un cadre de travail chaleureux et résolument contemporain.
Les architectes font le choix d'un plan exempt de cloisons fixes. Ce pari est rendu possible par l'ossature en bois lamellé-collé, mais également grâce à la mise en place d'une bande servante qui s'adosse à la façade nord et dans laquelle sont rassemblés tous les espaces de service : ascenseurs et escaliers, reprographie, sanitaires, stockage… Ce faisant, les trois autres façades sont libérées et s'offrent aux rayons du soleil. En été, le mobilier extérieur mis en place autorise les employés à travailler à l'air libre. Deux petites serres sont même construites sur les deux premiers niveaux de terrasse, offrant un espace de travail supplémentaire hors les murs. Les maîtres d'œuvre ne parlent ainsi pas de bureaux en , mais de travail en « espace ouvert » ; une nuance qui tient à la flexibilité des usages et invite les employés à la déambulation. Ici, l'on ne travaille pas à un poste fixe, mais on va et vient, au gré des réunions et des envies, d'un bureau à l'autre, de l'intérieur à l'extérieur.

