© © Camille Gharbi
Il est bien évident que plus les matériaux biosourcés seront mis en œuvre, mieux la planète s'en portera, mais la bonne volonté ne doit pas échapper à la nuance. Le tout bois n'est pas une réponse soutenable, ne serait-ce qu'en termes de ressources, d'autant plus lorsqu'un bois scié en Norvège passe par un colleur en Chine avant d'arriver sur un chantier en France. Les vertus d'un bâtiment durable ne sont évidemment pas qu'une question de matériaux, mais aussi de polyvalence des usages, d'orientation, de fonctionnement, de maintenance et d'insertion. Il est donc question d'architecture finalement. Et de ce point de vue là, la réponse de TANK et COSA est claire et capable : « Notre objectif était de concevoir un bâtiment le plus modulable possible car c'est une des façons de produire de la pérennité tout en compactant un maximum afin de doubler les surfaces en n'usant que les deux tiers du terrain occupé à l'origine », indique Benjamin Colboc, le CO de COSA.
Le lycée existant, construit il y a plus de 40 ans en poteau-poutre et remplissage panneaux préfabriqués béton, souffre de graves désordres structurels en plus d'être truffé d'amiante ; il est même en partie inexploité car en péril. Le programme de démolition-reconstruction était ainsi évident mais devait se dérouler en site occupé. Le projet a donc été construit en deux phases ; une première livrée en 2016 en fond de parcelle a accueilli une partie du programme dont le déménagement a permis une première démolition, libérant la totalité du terrain d'assiette. La deuxième phase est livrée en 2020, avant la démolition des volumes adjacents restants dont le terrain libéré est transformé en parc.
Dans une topographie ascendante depuis la rue, le bâtiment fait front par le petit côté de sa grande longueur autour d'un jardin central « primordial dans la conception car un lycée de 1 200 élèves c'est presque une ville qui nécessite une centralité et des points de repère », poursuit Benjamin Colboc. Dans ce quartier hétérogène et fragmenté du Bel-Air - dernière Zup (zone à urbaniser en priorité) construite en France dans les années 1970, qui s'étend en hauteur sur un plateau avec vues sur le grand paysage -, les 14 000 mètres carrés du nouveau lycée Léonard-de-Vinci en imposent juste ce qu'il faut, compactés en un seul et unique volume glissé dans la pente et scindé de murs en gabion. (...)
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