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Appartement Vavin : respirer, habiter, raconter

2026-08-10|Cécile Papapietro-Matsuda

Dans un immeuble des années 1970 à l’architecture discrète mais soignée, cet appartement traversant de 118 mètres carrés cultive une relation apaisée à son environnement. D’un côté, une cour plantée d’arbres, de l’autre, une impasse calme et verdoyante. Une double orientation qui fait profiter les surfaces de la lumière tout au long de la journée.

Décloisonner pour mieux habiter

Lorsqu’un couple avec enfant en fait l’acquisition, le potentiel est là, mais tout reste à réinventer. Elle écrit, lui produit pour la télévision : leur quotidien est fait d’histoires, de livres, d’images. Ils imaginent un habitat vivant, ouvert, capable d’accueillir autant les moments familiaux que les temps de travail.

Ils confient alors le projet à AAVP Architecture. L’architecte Vincent Parreira repense entièrement les volumes, épaulé par l’entreprise Barthélémy Rénovation. « L’enjeu était de faire respirer l’appartement », résume-t-il.

À l’origine, le plan est très cloisonné : trois chambres, un salon, une cuisine fermée. Une distribution typique de l’époque. La transformation s’opère presque comme une évidence : les murs tombent, les circulations se simplifient, le jour s’installe.

Dès l’entrée, le ton est donné. Un vestibule, conçu comme un sas, reçoit les habitants avec une banquette invitant à ralentir. De là, deux directions : la zone de vie, largement ouverte, et un bureau qui fait aussi office de salon de lecture. Entre les deux, de larges portes en chêne à double battant, aux courbes douces, dessinées sur mesure. Elles évoquent un univers muséal, à la fois solennelles et abordables.

Partout, les ouvertures d’origine sont respectées, mais les menuiseries sont renouvelées, apportant confort et finesse sans trahir l’esprit du lieu.

Dans l’ancienne cuisine devenue bureau, un détail raconte à lui seul l’attention portée aux usages. La propriétaire rêvait de lire allongée près de la fenêtre. Des rangements spécialement imaginés, alignés à hauteur du bureau, abritent désormais de beaux livres et se prolongent en un lit de jour baigné de lumière.

Le sens du détail

Le projet s’est construit dans un dialogue étroit avec les habitants. « Nous nous adaptons à leurs envies, explique Vincent Parreira. Par exemple, le parquet, choisi par les propriétaires, a donné le ton de toute la palette de l’appartement. »

Dans la pièce de vie, la cuisine joue la discrétion. Un office, dissimulé dans un ancien local technique, concentre l’électroménager et permet de cuisiner à l’écart. Dans la zone principale, seule une élégante cuisine linéaire en bois et granit noir du Zimbabwe s’expose comme un élément de mobilier.

Au cœur de cette partie de l’appartement, la table de repas dessinée par Pierre Chareau s’impose naturellement. Elle est surmontée d’un lustre vénitien chiné, dont les reflets des pampilles rythment les repas.

Côté salon, les bibliothèques existantes ont été prolongées, densifiées, enrichies de rangements bas. Les livres y trouvent facilement leur place, participant à l’atmosphère chaleureuse du logement.

Un couloir, traité dans un gris anthracite profond, marque la transition vers l’espace nuit. Ici, le projet se fait plus enveloppant. Les placards en bois cannelé rythment la perspective, tandis qu’un plafond facetté en plâtre capte la lueur diffusée depuis le sol. L’ambiance devient presque cinématographique.

Une atmosphère intime

Au bout, une porte vitrée ouvre sur la suite parentale. Chambre, dressing et salle d’eau s’y enchaînent avec fluidité. Une fenêtre intérieure, comme un tableau, laisse circuler la clarté entre les différentes parties. Son verre texturé préserve l’intimité tout en créant un jeu de transparence délicat.

Dans la salle d’eau, le béton ciré anthracite prolonge l’univers du couloir. Une continuité de matière et de teinte qui donne à l’ensemble une cohérence douce, presque silencieuse, en contraste avec les murs immaculés des autres pièces.

Un appartement transformé en lieu de vie sensible, où l’architecture s’efface au profit des usages, et où chaque détail semble raconter une histoire.

Texte Cécile Papapietro-Matsuda
Photos Yann Deret

Fiche technique

Architecte : AAVP Architecture – Vincent Parreira
Entreprise : Barthélémy Rénovation
Localisation : Paris (75)
Surface : 118 m2
Matériaux : béton ciré, granit noir du Zimbabwe, plâtre, chêne
Contact architecte :www.aavp-architecture.fr
Contact photographe :www.yannderet.com

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