Depuis cet été, l’air dégingandé et les yeux rêveurs, une silhouette se promène dans la Sérénissime. C’est celle de Mon oncle… enfin, celui du film de Jacques Tati ! À l’occasion de la 14e Biennale d’architecture de Venise, M. Hulot se retrouve au générique du Pavillon français. Sous le titre « La modernité, promesse ou menace ? », l’agence Projectiles y met en scène une lecture critique du chemin de l’architecture française vers la modernité. Un parcours en quatre salles, dont l’une est consacrée à la villa Arpel, emblématique bâtiment du long métrage qui, avec son jardin rose et bleu et ses deux hublots malicieux, rendait la vie impossible à ses habitants. Selon le commissaire de l’exposition, l’architecte et historien Jean-Louis Cohen, l’édifice « illustre surtout le rendez-vous manqué – à de rares exceptions près – entre l’architecture moderne et la maison individuelle ». Ce casting doux-amer, qui répond à la thématique posée par l’archistar Rem Koolhaas, n’aura pas manqué de séduire le jury : mention spéciale pour ce pavillon, où l’architecture se dévoile en toile de fond. Plus qu'un mois pour le découvrir.

