ÉTAT DES LIEUX
Quinze ans après avoir proposé des plans, finalement restés lettre morte, pour la rénovation d'un petit appartement de l'Upper West Side à Manhattan, un cabinet d'architectes reçoit un appel du propriétaire, enfin prêt à passer à l'acte. Après avoir loué son logement toutes ces années, celui-ci souhaitait à présent l'utiliser comme pied-à-terre. « C'était vraiment moche et mal fichu » , se rappelle l'architecte Scott Specht, à l'origine du projet avec Louise Harpman. Niché au sixième et dernier étage d'une brownstone, maison en grès rouge typique de l'architecture new-yorkaise du XIXe siècle, l'intérieur est compartimenté et la chambre à coucher installée sur une mezzanine sombre et minuscule. L'accès au toit-terrasse est quant à lui complètement délaissé. Certes, la surface est exiguë ; mais la hauteur sous plafond -7,6 mètres -, permet de donner libre cours à l'imagination. En plus de laisser carte blanche aux concepteurs, le client met à leur disposition un budget confortable.
RÉPONSE DES ARCHITECTES
Ayant pour ambition de transformer cet intérieur étriqué et vétuste en micro-loft tendance, les architectes concentrent leurs efforts sur les diverses façons de rendre le logement plus spacieux et homogène. Ils commencent par exploiter chaque centimètre carré disponible : les rangements sont logés sous les escaliers ; la mezzanine en porte-à-faux est agrandie afin de créer une chambre à coucher confortable ; l'ancienne petite entrée est transformée en cuisine. Ils minimisent ensuite la palette de matériaux en choisissant des surfaces laquées blanches pour l'ensemble du mobilier intégré (auxquelles répondent les murs en brique peints également en blanc) et du chêne pour le parquet, l'escalier et les menuiseries. Enfin, ils optimisent considérablement la quantité de lumière naturelle en décoffrant les escaliers et en perçant trois nouvelles fenêtres à guillotine au niveau du toit-terrasse. Celui-ci est en outre aménagé avec un deck en bois et un carré de verdure, encourageant son utilisation.
DÉTAILS
L'aspect le plus difficile de cette rénovation fût l'acheminement des matériaux de construction au dernier étage de cet édifice vieux de cent ans, sans ascenseur et à la cage d'escalier fort étroite. Certains éléments ont dû passer par les fenêtres ou par le toit ! Minutieusement calculé, l'agrandissement de la mezzanine a quant à lui constitué le défile plus excitant pour les architectes, et a nécessité la mise en place de poutres en acier ancrées dans les murs existants. Pour contribuer au décloisonnement de l'espace, ces derniers choisissent des câbles métalliques étirés à la verticale en guise de rampe d'escalier, visuellement moins présents. Autre détail favorisant la fluidité de l'ensemble, le plan de travail de la cuisine se poursuit en table basse côté salon, et se déplie en table de salle à manger pour les repas : une surface, trois fonctions. L'intégration de placards sous les escaliers est quant à elle directement inspirée du meuble de rangement-escalier japonais kaidan dansu. On se disait bien qu'il y avait une touche de zen dans cette rénovation !
architectes Specht Harpman Architects
localisation Manhattan, New York (États-Unis)
livraison 2012
bâti d'origine début XIXe siècle
études 6 mois
travaux 11 mois
surface 40 m2
matériaux utilisés chêne laqué (parquet, escalier et garde-corps) / MDF (rangements sous les escaliers, mobilier intégré) / brique (murs d'origine) / fils d'acier (rampe) / carreaux de verre (cuisine et salle de bains)

