Comment gagner en luminosité et en volume, et ce sans ajouter une extension ? Telle était l'équation posée à l'architecte Thibaut Chanut, fondateur de Dank Architectes, pour une rénovation d'une maison des années 1970 habilement résolue par une analyse judicieuse du volume de l'existant : « L'objectif était de faire entrer le jour partout où il n'existait pas, et de créer des respirations verticales pour qu'il traverse la maison. » Il précise : « Il fallait réinventer l'intérieur, trouver de l'espace sans pousser les murs. Nous sommes passés de 100 mètres carrés habitables au départ à 210 mètres carrés, simplement en aménageant les combles et le sous-sol. » Derrière ces chiffres se cache en réalité un geste très audacieux : à l'origine, la maison se présentait comme un triptyque figé comprenant un niveau de vie principal, un sous-sol garage devenu zone de sommeil mal isolée et des combles non aménageables. « Il fallait repenser totalement l'organisation mais aussi la manière d'habiter ces volumes. » Son idée ? Investir la coque en béton existante en y sculptant des espaces ouverts, des doubles et des triples hauteurs, quitte à « manger » une partie des planchers pour instaurer un dialogue entre niveaux, repositionner l'escalier pour organiser un mouvement de lumière. Ce sont ces vides qui libèrent les perspectives et permettent au soleil de se glisser au cœur de la maison.
L'ancien garage devient ainsi l'étage de vie, désormais largement ouvert sur le jardin grâce à une baie vitrée de 6 mètres. Dans le salon, un décaissage du sol a permis de retrouver une générosité de hauteur. Au-dessus, l'étage intermédiaire accueille l'univers des enfants : « Les clients ne souhaitaient pas faire trois chambres distinctes pour leurs trois enfants, ils ont été force de proposition, très ouverts à d'autres solutions », souligne Thibaut Chanut. Au sommet, sous la charpente revisitée, le domaine des parents profite d'une atmosphère apaisée et d'un lien fort avec l'extérieur. « Avant, on devait se pencher pour passer : aujourd'hui, on a 1,80 mètre sous poutres et une vraie qualité d'usage. »
PUITS DE LUMIÈRE ET RUELLE VERTICALE
Au cœur de cette maison repensée, un escalier sculptural agit comme une colonne vertébrale. Suspendu à la charpente, métallique et boisé, il flotte presque. « Il ne touche pas le sol : un caisson massif marque son départ, puis tout s'affine et s'ajoure », décrit l'architecte. Pour l'accompagner, la façade a été ouverte d'une large percée vitrée prolongée par un Velux. C'est par cette entaille que la lumière inonde l'ensemble, révélant une véritable « ruelle verticale baignée d'une lumière presque anormalement puissante » . Les regards se croisent d'un niveau à l'autre, les vues se superposent, les cadrages intérieurs deviennent des scènes. « Quand vous êtes dans la cuisine ou la salle à manger, et que vous levez les yeux, vous voyez les fenêtres aux étages et, à travers, le ciel et les arbres. Les gens présents dans le bureau ont une vue sur l'espace repas. » Cette générosité se retrouve aussi dans les couleurs, franches, assumées : bleu nuit à l'entrée, vert profond au salon, paille pour l'îlot de cuisine, bleu vif dans l'univers des enfants.
LES MENUISERIES, CLÉ DE L'OUVERTURE
Pour accompagner cette nouvelle fluidité, les menuiseries ont joué un rôle essentiel. En gris diamant, bien dimensionnées, elles cadrent les vues et organisent les transparences, parfois avec de grandes dimensions. La façade sud s'équipe ainsi d'une baie de 6 mètres, qui devient la source de lumière la plus importante du niveau principal. Dans le cadre de l'isolation thermique par l'extérieur, un système de précadres a permis d'intégrer les épaisseurs d'isolants sans réduire la luminosité ou la surface vitrée. « Techniquement simple mais architecturalement ambitieux », résume-t-il.
UNE MAISON RÉACCORDÉE AU JOUR
Habillée d'un bardage ajouré en mélèze à claire-voie, la villa perd son allure d'origine pour adopter un langage plus moderne, plus ouvert, littéralement rayonnant. « Il n'y a pas de façade avant ou arrière : c'est une maison qui rayonne sur ses quatre côtés », rappelle Thibaut Chanut. La transformation est tellement radicale que l'architecte sourit en évoquant la version d'origine et confie avec humour : « Cette maison est la copie conforme de celle de mes beaux-parents. Je mesure aujourd'hui à quel point un tel projet peut faire basculer un habitat dans une autre époque. » En repensant la circulation du jour, cette maison de 50 ans a trouvé une seconde jeunesse. Un nouvel équilibre s'est installé, lumineux, sensible, profondément contemporain.
Architectes : Dank Architectes
Localisation : Brignais (69)
Livraison : 2021
Surface : 206 m²
Coût global : 480 K€
Fabricant-installateur : STBN Aluminium
Menuiseries : Profils Systèmes (fenêtres et coulissants, gamme Cuzco)
Contact architectes : dankarchitectes.com
Contact photographes : www.photo-architecture.fr et www.frenchiecristogatin.com

