Ils se connaissent depuis 1993, collaborent depuis 2003 et exposent jusqu’au 20 novembre 2015 quinze années de constructions au plus près de l’environnement. À Grenoble, la Maison de l’architecture dévoile le travail du duo d’architectes Paul- Emmanuel Loiret et Serge Joly. S’ils exercent à Paris, c’est au détour de voyages en Afrique, Asie ou Amérique que les deux concepteurs se forgent une certaine idée de la discipline, en équilibre entre nature et culture. « Finalement, les plus beaux édifices nous apparaissaient toujours être ceux, vernaculaires ou savants, qui étaient complètement intégrés à leur milieu », explique Paul-Emmanuel Loiret, qui enseigne à l’école d’architecture de Grenoble. Placardé sur les murs de la Maison de l’architecture de l’Isère, un texte « rétro-perspectif » titré La Voie des milieux explique leur démarche, « incursion dans le passé aussi bien que fenêtre vers l’avenir ». À côté, une sélection de dix projets – six réalisés et quatre restés à l’état d’esquisses – met en images la concrétisation de cette philosophie, pour des bâtiments dont le corps ne se sépare pas de l’esprit. Parmi eux, une tour de 50 mètres de haut en pisé, dessinée dans le cadre du concours « Réinventer Paris », qui prendrait position en plein 13e arrondissement, près d’une ancienne gare réhabilitée. « Tel un emblématique totem, elle symboliserait, si elle était construite, le retour de la terre et autres matériaux naturels au cœur des métropoles », précise Paul-Emmanuel Loiret. Mais pour que cette idée puisse se dresser un jour dans la capitale, elle doit d’abord s’imposer dans la tête des politiques…

