ÉTAT DES LIEUX
C'est un petit appartement cloisonné que les architectes Edouard Brunet et Julie Duchateau découvrent à Tours avec leur client. Un couloir étroit faiblement éclairé par une suspension démodée dessert la cuisine, le salon et la salle à manger organisés en enfilade, ainsi qu'une chambre à coucher, une salle de bains, des W.-C. et un débarras - le tout sur 65 mètres carrés. La lumière naturelle peine à rentrer dans ce rez-de-chaussée orienté nord-est. L'immeuble construit dans l'immédiat après-guerre n'est pas non plus de grande qualité : les matériaux sont basiques, la tuyauterie apparente. La moquette et les tapisseries recouvrant les murs, les moulures, tout ici rappelle la vieille dame qui occupait les lieux des années durant. Le nouveau propriétaire, ingénieur bois de métier, demande aux maîtres d'œuvre de transformer l'espace, de le magnifier et de le rendre plus lumineux. Disposant d'un budget restreint et désireux de participer activement à la transformation de son logement, il souhaite tout réaliser en auto-construction.
RÉPONSE DES ARCHITECTES
Les concepteurs répondent aux souhaits du propriétaire en décloisonnant l'intérieur : cuisine, salon et salle à manger ne deviennent plus qu'une seule et grande pièce de vie éclairée selon deux orientations. Les fonctions à y intégrer étant nombreuses, et afin de minimiser le nombre de meubles, Edouard Brunet et Julie Duchateau imaginent un immense meuble encastré, conjuguant placards, tiroirs, étagères et niches. Il anime la pièce de sa ligne brisée dont chaque segment correspond à une fonction. Tous les objets ou équipements y trouvent leur place. « Ce meuble sert à désaturer l'espace, explique Edouard Brunet , de façon à ce que l'œil puisse se concentrer sur les volumes, les vues extérieures, ou certains objets ou livres exposés. Il permet de contrôler ce que l'on veut montrer et de cacher le reste, pour un intérieur plus sobre et agréable à vivre. »
Troisième stratégie pour magnifier les volumes et la sensation de lumière : le contraste entre le noir mat du couloir qui a tendance à compresser l'espace, et le blanc satiné de la pièce à vivre, qui au contraire, le dilate.
DÉTAILS
« Pour avoir de beaux luminaires, il faut y mettre le prix, reconnaît Edouard Brunet , or les moyens étaient limités. » Mais la nécessité stimulant l'imagination, les architectes se procurent des tubes LEDs standards qu'ils dissimulent un peu partout dans le logement (notamment dans les angles du plafond), enrichissant celui-ci d'un éclairage artificiel indirect d'une grande finesse. Pour ne pas alourdir la pièce de vie de ses équipements, la partie cuisine affiche le même blanc immaculé que le reste de l'espace, y compris sa robinetterie, son évier et sa plaque de cuisson ! Tous les appareils sont en outre dissimulés dans les rangements encastrés. De même, dans la chambre à coucher, la tête de lit arbore une série de petits placards équipés de tablettes amovibles, masquant prises électriques et interrupteurs. Enfin, pour favoriser la sensation d'apaisement et de chaleur, les concepteurs ont choisi un multiplis de bouleau clair et du MDF laqué blanc pour la réalisation - par le client ! -de ces ingénieuses pièces de mobilier.
architectes Edouard Brunet et Julie Duchateau
www.eb-architecture.eu
localisation Tours (37)
livraison 2016
bâti d'origine après-guerre
études environ 2 mois
travaux environ 30 mois (en partie en autoconstruction)
surface 65 m² SP
matériaux multiplex bouleau et MDF laqué (mobilier) / multiplex stratifié blanc (plan de travail cuisine)
fournitures luminaires plan de travail Muuto / plaque de cuisson Airlux ATI blanche / mitigeur et évier IKEA

