© © Julien Pépy
Ce projet, présenté dans le cadre des Journées À Vivre 2024, est avant tout une histoire de confiance, comme le souligne Marine Prigent : « Les propriétaires, de vieux clients, m’ont appelée un matin en me disant : “Nous avons trouvé un appartement pour notre fille, mais il va falloir que tu utilises ta magie habituelle.” » Carte blanche lui est donnée pour revisiter la surface et s’appliquer à transformer chaque contrainte en ressource. En effet, difficile aujourd’hui d’imaginer les lieux d’origine avec leur enfilade de pièces étroites reliées par un long couloir sombre. Le mur porteur traversant, impossible à abattre, semblait interdire toute ouverture nouvelle. Plutôt que d’y voir une contrainte, l’architecte d’intérieur en a fait un atout central : « Ce mur de refend est devenu un écran structurant qui accueille des rangements sur toute sa longueur et assure une isolation phonique naturelle entre les zones de vie. »
Le logement se déploie désormais autour de ce noyau : d’un côté, le salon et les chambres, de l’autre, une cuisine ouverte et conviviale pensée comme un second lieu de vie. « L’appartement est comme coupé en deux par cet écran central qui délimite la partie nuit et le salon de la cuisine, conçue ici comme un autre espace multifonction qui sert tantôt de second salon-salle à manger, tantôt d’espace de travail », explique la fondatrice de Mind. Grâce à un petit bar intégré et à une décoration soignée, cette zone polyvalente sert tour à tour de salle à manger, de bureau et de salon bis : « Ainsi les occupants peuvent vivre en colocataires heureux, chacun à son rythme, recevoir leurs amis et travailler sans même se croiser ! »
Si Marine Prigent fait la chasse à la perte de surface, elle s’attelle parallèlement à faire entrer la lumière partout où c’est possible. Ainsi le couloir d’origine, exigu et aveugle, a été supprimé au profit de la cuisine, baignée de clarté grâce à une porte en verre flûté toute hauteur et réalisée sur mesure par un ferronnier. Entre le salon et la seconde chambre, la cloison a été subtilement découpée, et elle abrite désormais une bibliothèque ajourée qui laisse passer la lumière tout en créant une perspective inédite. Un détail qui change tout, à la fois pratique et poétique. Côté confort, rien n’a été laissé au hasard : isolation thermique par l’intérieur, chauffage électrique programmable et multiples rangements intégrés assurent un quotidien économe et fluide. Le mobilier sur mesure, les finitions soignées et la cohérence des matériaux confèrent à l’ensemble une atmosphère chaleureuse, contemporaine et sans ostentation. En repensant chaque recoin, Marine Prigent signe ici une leçon d’architecture intérieure : celle d’un art de vivre parisien où l’intelligence du plan rivalise avec la douceur du quotidien.

