Avec la crise du logement que connaît actuellement la Capitale, nombreux sont ceux qui décident de prendre le large, en quête d'une habitation plus spacieuse et possiblement ouverte sur un jardin. Certains, plus chanceux que d'autres - ou plus persévérants ? - parviennent toutefois à dénicher la perle rare, quitte à fouiller sous la vase et la boue. C'est le cas de cette famille de quatre, qui découvre, il y a environ 3 ans, un local commercial datant des années 1960. Situé au fond d'un petit passage du 11e arrondissement, le local de 200 mètres carrés, indépendant, occupe l'intégralité d'une cour d'immeuble. Mise à part une petite fenêtre au niveau de l'entrée donnant sur la voie, le volume en L est pratiquement aveugle, seulement éclairé par des pavés de verre incrustés dans la toiture. Mais malgré tous ces défauts, le couple imagine assez bien vivre ici. Alors ils présentent les lieux à l'architecte d'intérieur Guillaume Terver, du LAD (pour « laboratoire en architecture et design »). « Lorsque j'ai découvert cet endroit, j'ai cru qu'on ne pourrait rien en faire pour des raisons techniques et administratives. En même temps, j'ai été totalement séduit par la brutalité des espaces. Je devinais qu'ils avaient le potentiel pour devenir un projet unique. » Après avoir vérifié qu'un changement d'affection était possible, les maîtres d'ouvrage sautent donc le pas et font l'acquisition du local.
« Lorsque j'ai découvert cet endroit, j'ai été totalement séduit par la brutalité des espaces. Je devinais qu'ils avaient le potentiel pour devenir un projet unique. »Guillaume Terver, architecte d'intérieur
Ses clients choisissant de réserver le volume de l'entrée pour y installer un bureau destiné à leur activité professionnelle - et donc de se priver de la seule ouverture existante -, Guillaume Terver est obligé de placer l'intégralité du programme habitable dans le reste de l'atelier. Se pose alors la question de l'apport de lumière dans le bâtiment. « Mes clients avaient très envie de disposer d'un espace extérieur, tandis que la réglementation parisienne imposait d'avoir une dégagement de 6 mètres devant toute fenêtre. Nous avons donc choisi d'aménager un patio de 6 x 6 mètres au cœur du projet », explique l'architecte d'intérieur. Méthodiquement placée afin de limiter au maximum le vis-à-vis avec les immeubles alentours, la cour intérieure ainsi créée constitue la seule source de lumière du loft. « Évidemment, un tel dispositif implique un mode de vie un peu différent, puisque l'intimité n'est pas la même qu'ailleurs. Mais les propriétaires étaient vraiment prêts à changer leurs habitudes, et nous avons fait en sorte d'installer les pièces de nuit dans des recoins moins exposés aux regards indiscrets » , décrit Guillaume Terver. Pour les menuiseries du patio, dessinées sur mesure, ce dernier privilégie des cadres en Batipin, un bois normalement utilisé pour fabriquer des caisses de déménagement. Un matériau pauvre, mais qui s'intègre parfaitement avec l'esprit brut de la réalisation, si bien que le concepteur l'a également mis à profit pour les cloisons des chambres ou encore un meuble multifonctionnel dans le salon, qui fait également office de cuisine. Et Guillaume Terver de conclure : « Au final, le résultat est agréable et inattendu, bien loin du chaos urbain ». Comme quoi, il n'était pas nécessaire de partir bien loin pour le trouver, ce coin de sérénité et de verdure…
FICHE TECHNIQUE
architectes d'intérieur le LAD (Laboratoire en Architecture et Design) - Guillaume Terver et Christophe Delcourt
www.lelad.net
localisation Paris (11e )
livraison 2016
surface 200 m2
matériaux Batipin (menuiseries, cloisons, mobilier, cuisine) / béton (sol) / marbre de Carrare (plan de travail cuisine)

