Les clichés de Willy Rizzo, décédé en février 2013, sont connus dans le monde entier. Photographe au journal France Dimanche, pour qui il couvre le premier festival de Cannes en 1946, pilier du magazine Paris Match, dont il fait la première une avec une photo de Winston Churchill, la main prête à saisir l’objectif, il capture les célébrités de cinéma dans leur intimité, les coulisses de la mode parisienne, mais aussi les champs de bataille, comme la guerre des tranchées de Na San en Indochine en 1952. Son plus gros scoop ? Le pape Pie XII, marchant dans les jardins privés du Vatican. Il est partout, tout le monde le demande. Ses exploits inspirent même à Hergé Les bijoux de la Castafiore, dans lequel celui-ci lui crée un alter ego : Walter Rizzoto, photographe à Paris Flash.
Ce que l’on sait moins, par contre, c’est que sa vie durant, Willy Rizzo a été designer, une carrière parallèle loin d’être anecdotique, débutée à Rome un peu par hasard, pour meubler son propre appartement. Ses amis aiment, en parlent, et il reçoit finalement des commandes très officielles : entre autres, Brigitte Bardot à la Madrague et même Salvador Dalí ! Ces meubles et objets, dont certains (les plus récents) très technologiques, sont à découvrir, en plus d’un florilège exhaustif de ses plus belles photographies dans le très bel ouvrage en forme d’hommage que viennent de publier les éditions Contrejour. « J’ai eu peu de jours tristes dans ma vie et j’ai beaucoup aimé », déclare-t-il au début de cette longue et conversation posthume avec nous, lecteurs, au cours de laquelle il raconte son œuvre, indissociable de sa vie aux allures d’aventure.

