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PIÈGE À LUMIÈRE

2026-01-16|À Vivre

© PHOTOS STIJN BOLLAERT

Un projet d'architecture emporte parfois bien plus loin qu'attendu, vers des formes insoupçonnées.

C'est en somme ce qu'a vécu cette famille belge dont la volonté était de rénover l'habitation dans laquelle elle vivait déjà. Si lui est architecte de formation - mais a orienté sa vie professionnelle vers un autre domaine - et elle férue de design, avec des idées bien définies quant à ce qu'elle souhaite apporter en termes de décoration, ils n'éprouvent pas moins le besoin de faire appel à des maîtres d'œuvre pour résoudre le nœud de leur projet : réorganiser la distribution des pièces de cette maison datant du début du XXe siècle, plusieurs fois remaniée et agrémentée d'un vaste jardin. Aussi, ils s'en remettent à Burobill, une agence bruxelloise recommandée par des amis proches. Mais fidèles à leur habitude, les architectes sélectionnés n'entendent pas simplement répondre à la demande et veulent « sortir des sentiers battus » afin d'expérimenter avec les propriétaires de nouvelles solutions. Réorganiser les espaces est une chose, mais créer une relation directe entre les pièces de vie et le jardin par le biais d'une extension sera un immense bénéfice.

SEPT VARIATIONS SUR UN THÈME

La méthodologie de l'agence repose sur une écoute très attentive des besoins des clients afin d'apporter une réponse qui relève « de la découverte inattendue, de la surprise ». Ce travail en amont se matérialise par « une série de questions d'ordre général mais aussi très personnelles, voire étranges. Comment ils vivent, bougent, aiment, dansent, mangent… ».

Des précisions finalement très révélatrices qui permettent d'appréhender au mieux le projet. À l'issue de cet exercice, les architectes ont établi, sous la forme de schémas, un état des lieux et proposé six solutions alternatives à l'organisation existante remontant à 1992, date de la dernière rénovation. Depuis lors, les pièces de vie se situent au premier niveau de la maison sur rue donnant sur une terrasse, avec au second niveau, les chambres. Le rez-de-chaussée dédié aux bureaux est raccordé à l'ancienne grange où le propriétaire a installé un studio de musique. À l'extrémité de cette enfilade d'ajouts successifs, le garage auquel on accède depuis la rue via un porche. L'idée première des propriétaires était de repenser la maison sur rue. Mais au fil de leurs propositions, les architectes tournent l'habitation vers le jardin, soit en imaginant une liaison peu pratique par un escalier depuis la terrasse, ou bien encore en logeant un jardin d'hiver entre la maison existante et la grange. L'option finalement retenue remplace le garage par une extension qui devient la pièce de vie centrale. Les chambres et bureaux restent dans la maison sur rue et le studio y est déplacé.

VIVRE DANS LE VERT

Depuis l'extérieur, la transition visuelle est abrupte, passant de la brique aux façades miroir. À l'intérieur, le cheminement évolue graduellement de l'ancien vers une écriture très contemporaine, de la grange - dégagée pour en dévoiler la structure et qui abrite maintenant la cuisine - vers un séjour pensé comme un piège à lumière, une fenêtre grande ouverte sur le jardin. « Les propriétaires désiraient quelquechose de spécial, qui leur ressemble, et c'est pourquoi nous en sommes arrivés aux miroirs », se souvient Kristien Vanmerhaeghe de Burobill. Non par narcissisme, mais par envie de voir l'extension se fondre dans le jardin. Dans un premier temps, des murs végétalisés avaient été envisagés mais la solution s'avérait trop coûteuse. À la place des miroirs, trop fragiles, le choix se porte sur des panneaux de Dibond® , un matériau composite multicouches utilisé en signalétique et ici appliqués en parement. L'effet recherché est aussi un apport de lumière dans l'extension par un jeu de reflets sur les cadres des fenêtres. Mais le point d'orgue du projet est l'étonnante création de deux « cheminées de lumière » dans le séjour. L'inclinaison de leurs parois est calculée de sorte à capturer, par leurs surfaces elles aussi réfléchissantes, la lumière provenant du sud faisant défaut à cette pièce orientée plein nord. L'extension se fait alors joyau ; une « émeraude » disent ses conceptrices, lisse et facettée pour exprimer toutes ses nuances de vert.

architectes Burobill Peggy Geens, Lien Moens et Vanmerhaeghe

www.burobill.be

localisation province du Brabant (Belgique)

livraison fin 2016

bâti d'origine début XXe siècle

études 6 mois

travaux 12 mois

surface 140 m2

matériaux pin d'Orégon (ossature) / béton (fondations) / miroirs Dibond® (façades) / béton poli (sol) / chêne (sol et bardage) / poutres Finnjoist FJI 45/300 (toiture)

Cabinet d'architecture

  • Burobill Peggy GeensKristien Vanmerhaeghe
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