© © F-G Grandin MNHN
L’antique établissement se pare d’atours modernes et surdimensionnés : ici, une volière XXL, à la surface digne d’un demi-terrain de football, bulle de 13,5 mètres de hauteur où pataugent les flamants roses sous une escadrille de volatiles exotiques ; là une serre géante, 3 000 mètres carrés d’une jungle moite et chatoyante et son Cecropia peltata de 12 mètres, abrités sous 6 000 panneaux de verre. À la manœuvre, les architectes Bernard Tschumi et Véronique Descharrières, ainsi que la paysagiste Jacqueline Osty, pour cinq biozones où s’épanouissent pudus des Andes, loups d’Espagne ou tamarins lion à tête dorée. Si le Grand Rocher, l’emblématique fausse falaise pierreuse du zoo, reste inchangé, à ses pieds, la métamorphose est complète… et la luxuriance boostée à grand renfort de lianes et cactées. Avec une surface arbustive augmentée de 40 %, 2 258 nouveaux arbres protègent de leur couvert dense, bêtes à poils et à plumes.
Quant à l’architecture, elle se fait discrète pour ne pas effrayer les animaux : les barrières des enclos disparaissent, cédant la place à des fosses infranchissables, tandis que l’enveloppe en madriers de bois qui caractérise les nouveaux bâtiments, constitue une présence si douce qu’on l’en oublierait presque. Un concours controversé, 27 mois de travaux, un chantier sophistiqué, 80 entreprises… Paris vaut bien un zoo.

