Prix à vivre
Projets
À Vivre
Architectes
S'abonner
À Vivre
Logo

RUBRIQUEs

Design
Reportages
Cahier pratique
Dossier
Face B
Actus

SERVICES

Nous contacter
Abonnement
Publicité
Prix des Maisons À Vivre
Architectes

CONTACT

10, rue de Penthièvre - 75 008 Paris
contactabo@fitamant.fr+33 2 98 98 01 40

  1. A Vivre
  2. Articles
  3. Actus
  4. Mulegns - Lieu d’histoire, d’architecture et… de pâtisserie !
Actualités

Mulegns - Lieu d’histoire, d’architecture et… de pâtisserie !

2026-08-10|Cécile Papapietro-Matsuda

Un minuscule village du canton des Grisons, en Suisse, détient le record de la plus haute construction imprimée en 3D. Avec sa tour Blanche, Mulegns pourrait bien retrouver sa dynamique d’antan grâce à un projet culturel combinant architecture, hospitalité et innovation que se charge de déployer la Fondation Origen.

Texte Olivier Reneau

Jusqu’à ce que la ligne ferroviaire de l’Albula reliant Coire à Saint-Moritz soit inaugurée, en 1904, l’Engadine était relativement isolée du reste de la Suisse. Ce qui explique la culture très marquée de cette vallée des Grisons qui dispose d’ailleurs de sa propre langue, le romanche. Seule une route construite quelque quatre-vingts ans auparavant, sur les traces d’une voie romaine empruntant le col du Julier (2 284 mètres), permettait d’acheminer les touristes étrangers séduits par la villégiature à Saint-Moritz. Il s’agissait alors d’une piste carrossable d’une soixantaine de kilomètres parcourue par des diligences. Le minuscule village de Mulegns, à une quinzaine de kilomètres en aval du Julier, jouait un rôle majeur dans le périple. C’était la halte obligée pour que les chevaux reprennent de la vigueur, et que les voyageurs profitent d’une nuit réparatrice au Post Hôtel Löwe des frères Balzer. Un pâtissier, Jean Jegher, ayant fait fortune à Bordeaux était même revenu dans son village natal pour y faire bâtir une somptueuse demeure, la villa Blanche (1856), par l’architecte bordelais Jean Baptiste Lafargue. Mulegns connut alors une période des plus fastes où tous les grands du monde d’alors – la reine Mary, le docteur Albert Schweitzer ou encore l’empereur Guillaume II – devaient faire étape. Puis, la commodité des chemins de fer a considérablement réduit la fréquentation de la route et, de fait, l’activité du village.

C’est en 2019 que la Fondation Origen (ou Nova Fundaziun Origen) intervient et entend mettre un terme à la décadence de Mulegns. Tout d’abord en sauvant de la démolition la villa du pâtissier. Mieux encore, la bâtisse est littéralement déplacée d’une dizaine de mètres – les fondations ont été montées sur rails – pour jouir d’un meilleur emplacement et permettre à des camions de se croiser sans rogner les murs des habitations. À la tête de cette fondation culturelle devenue bâtisseuse, le dramaturge Giovanni Netzer, natif des environs, est reconnu pour ces mises en scène de théâtre, notamment jouées dans des architectures éphémères édifiées en pleine montagne, à l’image de la tour Rouge, dressée à l’été 2017 au col du Julier. Inspiré par l’histoire des lieux, il souhaite en raviver la mémoire en misant sur une offre combinant culture et art de vivre. « L’histoire de ces pâtissiers migrateurs, quittant leurs Grisons natals pour s’installer à travers l’Europe, a eu des répercussions phénoménales sur l’histoire de la gastronomie et, d’une certaine manière, sur les flux culturels dont a profité la région. Ce projet est une manière de leur rendre hommage », raconte-t-il.

Si la villa déplacée devrait prochainement devenir un lieu d’exposition, abritant forcément une pâtisserie-salon de thé, l’hôtel, moins décati, a déjà fait l’objet d’une entière restauration avec la collaboration du designer textile Martin Leuthold. Le créateur allemand a conçu des atmosphères très singulières pour chacun des espaces, jouant volontiers du trompe-l’œil avec force papiers peints créés sur mesure et choix chromatiques audacieux dignes de décors de théâtre. Quiconque peut ainsi s’immerger dans ces univers oniriques, au restaurant d’abord, mais surtout dans l’une des sept chambres et suites – à terme, quinze sont prévues – baptisées du nom de grandes métropoles européennes d’où provenaient les illustres résidents. L’ancienne salle de bal comme les salons deviennent quant à eux, de manière temporaire, des pièces propices à des représentations.

Mais dès le départ, Netzer a vu les choses en grand et a lancé en 2023 un projet pour une nouvelle architecture éphémère avec la collaboration de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ). Inaugurée à l’été 2025, la tour Blanche –ou Tor Alva – s’élève sur 30 mètres selon un procédé de fabrication additive. L’édifice se compose de 32 colonnes imprimées en 3D et assemblées sur site. Le public peut y accéder afin d’assister à des spectacles se déroulant sur la plate-forme située au sommet. « Mulegns est en train de devenir un petit écosystème culturel où il est possible de passer quelques jours avec tout à disposition, y compris un accès à cette nature très intacte de l’Albula », poursuit Netzer. Pour le moins inattendue mais passionnante, cette historie de pâtisserie qui devient le moteur d’un projet culturel. La forme de la tour, mais aussi la texture des colonnes augurée par l’« impression » du béton, s’apparente ainsi à une évocation heureuse du savoir-faire pâtissier des Grisons. D’ailleurs, le grand cuisinier Antonin Carême (1783-1833) ne considérait-il pas la pâtisserie comme une branche principale de l’architecture !

www.origen.ch

Galerie photos

Autres articles

Agenda

OCT.21

ARCHITECT@WORK Paris 2026

Paris

Journées À Vivre

Poussez la porte de maisons d'architectes près de chez vous. Visites gratuites sur réservation.

Du 16 au 18 octobre 2026

Journées À VivreRéservez vos visites

Osez la newsletter !

Un tour d'horizon des actualités de votre magazine A Vivre. Osez l'architecture !

Magazine

Petites surfaces - Exploiter l'épaisseur des murs, les niveaux, les séparations mobiles
N°149août 2026

Petites surfaces - Exploiter l'épaisseur des murs, les niveaux, les séparations mobiles

Partager