© © Sébastien Michelini
Rénové pour la troisième fois à l'initiative de la marque de vêtements Pigalle et le soutien de Nike - la première intervention, en 2009, a permis d'éviter la fermeture de la structure pour cause de nuisances sonores -, cet espace de jeu atypique a révélé en juin dernier son nouveau visage, pour le plus grand plaisir des Michael Jordan en herbe. Une esthétique inédite imaginée par Ill-Studio, en charge des travaux.
« Il y a longtemps que le corps humain et les performances sportives entretiennent une relation particulière avec l'art. Depuis l'antiquité grecque, le sport est lié à une forme de canon de beauté (…). Grâce à cette nouvelle cour, nous souhaitons explorer la relation entre la pratique artistique et la culture du sport », expliquent les membres de l'agence sur les réseaux sociaux.
Un pari réussi, puisque le lieu est aujourd'hui autant investi par les basketteurs que les photographes de mode. Teintes violacées, bleutées et orangées animent désormais d'un souffle vintage cet équipement sportif à nul autre pareil - l'ensemble rappelle inévitablement l'esthétique kitsch des années 1980 -, qui prouve que Paris n'est peut-être pas si frileuse en ce qui concerne les aménagements contemporains. Mais c'est finalement le succès du terrain, plus que son style, qui donne à réfléchir. Difficile en effet de comptabiliser le nombre de jeunes citadins enthousiastes venus marquer quelques paniers à trois points ou simplement prendre un selfie, signe incontestable, s'il en est, que l'urbanisme n'intéresse jamais autant les nouvelles générations que lorsqu'il utilise le prisme de la culture sportive et populaire, et pourquoi pas, commerciale.
« From us to youth », concluent les concepteurs sur Instagram. Une démarche couronnée de succès à méditer…
Article paru dans le hors-série 36 : Lofts et maisons de villes

