© © Bernardo Gaeiras
Entre démonstrations par l’absurde, développement de produits responsables et illusions d’optique, tous les projets présentés à l’exposition Never for money, always for love sont guidés par une approche critique de la discipline. Ainsi, la jeune Ana Rita António, avec ses 14 manières de remplacer un pied de table, revendique, non sans humour ni poésie, l’idée que la mission principale du designer consiste à trouver des stratégies pour résoudre des problèmes concrets liés à des situations quotidienne : faire soi-même contrepoids, détourner l’usage d’une chaise ou encore donner une fonction à tout le bazar que nous accumulons dans nos maisons. Quand à Bernardo Gaeiras, sa proposition intitulée Revolution 2014 sonne comme un pamphlet contre la surproduction des objets de consommation. Mais il semble également suggérer que sa mission de concepteur pourrait bien consister à donner forme à des non-objets. En agençant les branches de son petit mécano, et en s’appuyant sur l’effet optique provoqué par la rotation, il crée ainsi des séries de vases et autres contenants... virtuels. Plus pragmatiques, les Balises en faïence mises au point par les M studio, permettent de réduire la quantité d’eau nécessaire au remplissage d’une chasse d’eau, une fois placées dans le réservoir de celle-ci. Ainsi, qu’ils soient utopiques ou concrets, les projets rassemblés ont bien l’air de nous dire que faire face aux défis du monde contemporain, c’est surtout faire preuve de bon sens, et que par design, nous pouvons peut-être entendre autre chose qu’arme ultime du capitalisme triomphant !

