© © Sophie Lloyd
État des lieux
C’est un lieu atypique, comme il en existe encore quelques-uns à Paris. Sur le toit d’un vieux séchoir des années 1900, vestige de ces services de lingerie qui, au début du siècle dernier, battaient leur plein dans la capitale, s’étend désormais une petite terrasse : 40 mètres carrés de verdure aux délicats accents boisés. Les propriétaires n’avaient qu’une seule demande : conserver la simplicité du lieu, pour un jardinet ne demandant qu’un entretien limité. Pour ne pas déparer le passé historique du bâtiment, le paysagiste Christian Fournet a donc opté pour un aménagement ni trop classique ni trop moderne, et utilisant des matériaux simples. En résulte un espace confortable, où le zinc des bacs rappelle les toits de la ville Lumière, et où le red cedar, disposé en bardage, apporte sa chaleur au sol et aux murs. Ici, aucune teinte vive, « mais un fondu enchaîné de couleurs qui donne à l’espace son unité, » précise son concepteur. Et une irrésistible envie de s’y installer ?
La solution du paysagiste pas à pas
1. Avant de construire sur une terrasse, un impératif : connaître la résistance de la dalle ! Ici, bien que la structure soit ancienne, elle pouvait supporter environ 350 kilogrammes au mètre carré, un poids relativement élevé pour un bâtiment parisien. Bacs et abri de jardin en zinc, ainsi que chaises longues métalliques, y trouvent donc tout logiquement leur place, sans risque de surcharge.
2. Pour agrandir les petits espaces, il faut savoir en sublimer les limites ! La terrasse était bordée par un mur mitoyen en pierres sèches : plutôt que de les faire disparaître, elles sont utilisées comme décor. En fond, un miroir permet de réfléchir la végétation et d’accroitre visuellement le lieu.
3. Autre astuce, jouer sur la division spatiale pour obtenir deux scènes distinctes et fortes, qui attirent le regard et optimisent la taille du lieu : deux chaises longues composent un premier tableau, tandis qu’une fontaine apporte un dynamisme dès l’entrée. La palette de couleur, vert des feuillages, gris du zinc et brun du bois, apporte enfin son unicité à l’aménagement.
4. Dans un jardin, l’espace de stockage est important, il faut donc penser à intégrer un petit local pour permettre au jardinier de ranger ses outils : celui-ci a été construit en zinc, de manière à s’harmoniser avec la couleur des bacs.
Les astuces
JOUER SUR LES VERTICALES
Lorsque la place manque, mieux vaut privilégier les systèmes verticaux. Miroir et mur d’eau consomment peu d’espace, et constituent deux stratagèmes parfaits pour agrandir le lieu : le premier en reflétant la verdure, et le second, de par son léger ruissellement, qui favorise, du moins en pensée, l’évasion…
LES VÉGÉTAUX À PRIVILÉGIER
Sur une terrasse, la règle est simple : il faut au moins deux tiers de végétaux au feuillage persistant de manière à éviter un aspect trop nu et triste en hiver. Les buis sombres apportent de la structure, tandis que les graminées, plus claires, donnent à la composition souplesse et légèreté.
MISER SUR LE MÉTAL
Dans le cas d’une petite terrasse, ne surtout pas opter pour un mobilier en bois : en effet, les pieds des chaises et des pots possèdent des sections importantes, et, par ce simple fait, consomment rapidement le peu d’espace disponible. Les contenants ont ici été réalisés en zinc, un métal d’utilisation facile car il permet le sur mesures, un atout dans le cas de jardins restreints, qui ne supportent pas l’à peu près… Quant aux chaises longues, elles sont également en métal léger, d’une ossature fine et en harmonie avec le lieu.

