Du 8 janvier au 18 février, ouvrez bien vos yeux : la première Fête du graphisme bat son plein dans la capitale, avec en « guest star », l’affiche. Le fameux rectangle de papier va redescendre dans la rue : JCDecaux, grand manitou des espaces publicitaires, cède en effet 1 600 mobiliers, dont 20 totems sur les Champs Élysées, pour exposer les créations des artistes invités, de Tomi Ungerer à Paul Cox. Le parcours sera ponctué de nombreuses expositions, dont trois aux Docks, Cité de la mode et du design. Le musée verre pomme de l’agence Jakob + Mac Farlane accueillera notamment « Paris invite le monde », 345 œuvres de 105 affichistes provenant de 42 pays, qui feront défiler sous les yeux des visiteurs l’histoire du design graphique. Y seront présentées les icônes de la discipline – souvent inconnues du grand public – et des créateurs plus confidentiels : « 40 % des artistes sélectionnés sont peu représentés à l’international, explique Pierre Grand, directeur général adjoint d’Artevia, agence de développement de projets culturels à l’initiative de la manifestation. Il y a notamment une forte représentation de l’Amérique latine, continent en pleine effervescence créative, avec des pays où il reste parfois très difficile de s’exprimer. » De son côté, toujours aux Docks, « Nouvelle vague » s’offre un tour de France de la jeune création en mettant en avant une génération âgée de moins de 35 ans. Enfin, « Gig posters » nous fait plonger dans l’univers de la musique underground et du spectacle vivant américain avec 150 sérigraphies artisanales imprimées clandestinement dans des greniers ou des garages au fin fond de l’Utah ou du Michigan. À ce calendrier déjà bien rempli s’ajouteront également une nuit du générique au MK2 Bibliothèque, des rencontres professionnelles à la BNF ou une exposition sur la création numérique à la Gaîté lyrique… Avec pour objectif la démocratisation du graphisme, cette célébration privée et médiatique, qui s’offre les services de Jean-Paul Goude pour son affiche officielle, reste donc une initiative malheureusement francilienne. Que les non parisiens se consolent, le Centre national des arts plastiques célébrera, plus discrètement, le 20e anniversaire de la revue « Graphisme en France » avec de nombreuses manifestations en province…

