À quelques kilomètres de Dinard, Saint-Briac-sur-Mer est une commune bretonne paisible qui devient une station balnéaire très fréquentée durant l'été. Après avoir vécu à Paris et à Rennes, un couple de cinquantenaires souhaitait s'y installer. Ils ont acquis un terrain en plein cœur du centre-bourg, très enclavé, à l'abri des regards. Celui-ci comporte une petite maison à démolir et dispose d'un beau potentiel. Il est situé dans un secteur soumis à l'avis de l'ABF (architecte des bâtiments de France), ce qui a nécessité de nombreuses discussions. Les propriétaires ont fait appel à François Violi, architecte installé à Hillion, dans les Côtes-d'Armor, dont ils ont découvert le travail sur Internet. La première intuition de celui-ci est d'établir une relation étroite avec le paysage environnant que constitue ce très beau terrain d'environ 1 000 mètres carrés.
DE PLAIN-PIED
La commande originelle est assez simple. Les propriétaires souhaitent une maison avec trois chambres (leurs enfants sont étudiants et n'habitent plus avec eux) mais aussi un espace de travail. Ils donnent carte blanche à François Violi, partageant simplement quelques références d'ambiance avec lui. Alors qu'ils avaient envisagé une maison sur deux niveaux, l'architecte leur propose une construction de plain-pied et la création d'un bâtiment annexe pour y installer le bureau. Une façon symbolique de sortir de chez soi pour aller travailler, tout en profitant d'un lieu à l'écart de la vie quotidienne. Le projet s'articule dans le dialogue de deux entités distinctes : l'habitation, qui s'étire en limite nord, et le volume secondaire de l'annexe, plus bas, qui se déploie parallèlement dans le sud du terrain. Entre les deux se trouve une terrasse qui devient une véritable pièce extérieure sur laquelle ouvrent les différents espaces. Une enveloppe en bois pré-grisé relie les deux bâtiments, se confondant avec le bardage des façades. Cette implantation compacte a permis de préserver un grand jardin au sud et à l'ouest qui a été aménagé par Tymen Paysagiste. D'autant plus qu'au sud, un terrain de tennis offre une réserve foncière qui pourrait à l'avenir être bâtie. La conception de la maison se devait d'anticiper cette mutation possible par un travail soigné de cette façade protectrice.
JEU DE TOITURES
La maison est située dans un tissu pavillonnaire typique de ce que l'on peut trouver dans l'architecture bretonne. François Violi a privilégié la continuité et l'intégration dans le tissu existant plutôt que de chercher à se distinguer. Pour ce faire, il réinterprète la typologie de la longère en s'accordant quelques libertés. Pour atténuer le volume, une faille est créée pour marquer l'entrée et bousculer la volumétrie. Elle ouvre sur un patio. Une toiture en ardoises à double pente s'est naturellement imposée. Elle s'interrompt au-dessus de l'entrée, réinterprétant la silhouette de la longère traditionnelle : « Cette rupture, à la fois subtile et assumée, casse la linéarité du projet, insufflant un rythme aux façades et une dynamique visuelle qui capte le regard », explique François Violi. Dans l'habitation, les chambres s'organisent de part et d'autre de la pièce de vie, située au centre. La suite parentale bénéficie d'une double hauteur. Les clients avaient également exprimé la volonté d'une maison respectueuse d'un point de vue environnemental. Outre son orientation raisonnée afin d'optimiser les apports solaires au sud, le bâtiment est construit en ossature bois avec une isolation renforcée en ouate de cellulose. Il est posé sur un socle en béton qui se prolonge par des emmarchements donnant sur la terrasse. L'ensemble des menuiseries est en aluminium, ce qui souligne les points de vue constants sur le jardin.
Au nord, la coursive favorise la ventilation naturelle et garantit fraîcheur et sérénité en été. La toiture déborde généreusement pour limiter la surchauffe et proposer un espace extérieur protégé de la pluie. « Au-delà de sa forme et de ses fonctions, ce projet raconte une histoire : celle d'un habitat pensé pour s'intégrer, pour respirer et pour relier. Les clients aiment l'architecture et ce fut un plaisir de travailler ensemble. Nous étions sur la même longueur d'onde », souligne François Violi.
FICHE TECHNIQUE
Maîtrise d'œuvre : FVA - François Violi Architectes
Localisation : Saint-Briac-sur-Mer (35)
Livraison : septembre 2024
Surface : 206 m2
Matériaux : Iso Construction (charpente et bardage), Scierie Rahuel, Tymen Paysagiste
Contact architecte : www.francoisvioliarchitecte.com
Contact photographe : aurelien-chen.com

