Quel est le rôle d'une délégation régionale de l'ordre des architectes ?
Il faut avant tout rappeler que les architectes exercent une profession réglementée par la loi de 1977, sous la tutelle du ministère de la Culture. L'ordre des architectes a pour vocation de contrôler les pratiques de la profession et de promouvoir la qualité architecturale auprès du grand public. Il est structuré sur deux échelons : un Conseil national et 17 conseils régionaux, qui correspondent aux régions administratives françaises.
Chaque conseil régional reprend donc les mêmes missions de contrôle juridique, de règles déontologiques et, à partir d'un tableau régional, il s'agit de veiller à la protection du titre d'architecte.
Des permanences juridiques sont ainsi assurées dans les conseils régionaux de l'ordre des architectes ?
Oui, par exemple nous avons en Nouvelle-Aquitaine deux juristes et une commission juridique élue pour six ans. Les permanences sont indiquées sur le site Internet.
Quelles informations les particuliers peuvent-ils y trouver?
S'ils recherchent un architecte, nous pouvons les orienter vers le répertoire Architectes pour tous, ils peuvent demander des avis, également des conciliations auprès d'un CROA en cas de problème. Nous organisons aussi des événements pour le grand public, notamment avec les Maisons de l'architecture.
En prenant l'exemple de la Nouvelle-Aquitaine, combien d'architectes sont installés dans la région ?
Quand un peu plus de 30 000 sont inscrits à l'ordre des architectes en France, on compte à peu près 2 700 architectes dans la région, avec bien entendu une diversité dans la répartition et des territoires comme le Pays basque, la Gironde, avec une présence plus dense.
Quelles sont les actions menées par votre CROA ?
Nous avons une biennale, Les Rencontres d'architecture en mouvement. La première édition s'est tenue en octobre dernier à Limoges. L'idée est de mettre en avant, à travers un événement « initiatique », un territoire et de réunir le grand public, les acteurs du cadre de vie, et de montrer que l'architecture est une discipline transversale qui touche aussi bien la culture que la technique. Et que l'architecture est un bien commun qui nous concerne tous. Au cours de trois jours de rencontres et d'expositions mais aussi de spectacles de danse, les architectes présentent des solutions autour de cinq thèmes. Cette édition a été organisée en partenariat avec quatre Maisons d'architecture, des écoles d'architecture, Arc en Rêve, les CAUE…, et elle a réuni 1 500 personnes. Les thèmes s'inscrivent dans les cinq pistes émises dans le plaidoyer édité par le Conseil national renforcer les territoires pour permettre un développement mieux équilibré ; passer d'une politique du logement à une politique de l'habitat ; réparer la ville en donnant la priorité à la réhabilitation ; faire évoluer nos pratiques face au changement climatique ; décarboner la construction en développant de nouvelles filières de matériaux et le réemploi.
Et dans les actions à venir ?
Par exemple, nous proposons trois événements cet automne : le 5 septembre à Lacanau, autour des adaptations des territoires aux changements climatiques. Ce sera le lancement des actions propres à notre territoire : recul du trait de côte, tempêtes, incendies... Le 3 octobre à Bayonne, nous aborderons le sujet des territoires en tension, avec notamment le fait d'habiter à proximité de son lieu de travail, le droit au logement, le bail réel solidaire, les logements vacants. Le 10 octobre à Niort, nous aborderons les ressources et les activités agricoles comment le recours à des matériaux biosourcés peut être un soutien à l'économie locale… Et bien d'autres actions, comme des ateliers juridiques avec le barreau de Bordeaux concernant les droits d'auteur ou les permis de construire.
Que pouvez-vous observer dans la région concernant l'évolution de l'habitat individuel ?
Nous sommes dans la réparation de la ville plus que dans la construction. Il y a un constat clair sur l'impact du changement climatique et la nécessité de préparer les territoires à être plus résilients. La transition écologique n'est pas une option, c'est une nécessité, dans un contexte de crise du logement due à la disponibilité du foncier et des matériaux. Près de 80 % de la ville de demain est déjà construite, on doit composer avec l'existant. On essaie de donner des solutions sur un principe de densification douce des zones pavillonnaires, par exemple les petites dents creuses en ville pour éviter l'étalement, avec une intensification du tissu pavillonnaire sans construction et sans artificialisation. Dans le cadre du dispositif « Un maire, un architecte », nous pouvons accompagner les élus à établir un diagnostic pour aider à identifier des potentiels.
Qu'est-ce qui marque l'architecture de votre région ?
Nous sommes dotés d'une architecture plurielle dans une région au relief très varié : montagnes, plaines, stations balnéaires. Et nous avons une diversification très nette des matériaux : pierre, pin des Landes, terre cru, chanvre dans les Deux-Sèvres. Nous cherchons à valoriser les ressources locales, car cela rejoint toujours la ligne du plaidoyer publié par le Conseil national de l'ordre des architectes.