L'ARCHITECTE, PORTRAITS ET...CLICHÉS

18 mai 2017 Par Mathieu Fumex
© Anonyme, Portrait groupe d'élèves déguisés ENSBA dont Beaudouin et Lods
© Portrait de Jean Nicolas Huyot, anonyme, XIXe siècle, Beaux-arts de Paris-Dist. RMN-Grand Palais
© Portrait présumé de Karl Joseph Berckmüller par F. X. Winterhalter / © DR
© Vue atelier Bigot, 1933, IFA

Qui sont vraiment les architectes ? La question est presque trop naïve, trop évidente pour être posée. Pourtant, si leurs œuvres nous sont familières, que savons-nous réellement d’eux ? De leur vie en agence, de leur rapport au pouvoir ou encore de leurs lubies, parfois extravagantes ? Hormis quelques anecdotes sur la fascination de Le Corbusier pour les automobiles ou sur le t-shirt noir de Jean Nouvel, pas grand-chose, il faut parfois l’admettre. 


L’artiste-ingénieur-bâtisseur reste inexorablement la même figure nimbée de mystère, quasi mythique, cachée derrière ses réalisations et l’image qu’il veut bien se donner. Avec L’architecte. Portraits… et clichés, la Cité de l’Architecture et du Patrimoine tente de lever le voile sur cette profession pas tout à fait comme les autres. « Il n’y a jamais eu d’exposition sur ce thème. Ce sujet est pourtant bel et bien étudié, mais par les universitaires, et non par les premiers concernés, les architectes eux-mêmes », explique son commissaire Emmanuel Bréon. Si l’ampleur de l’entreprise a de quoi intimider – par où débuter une telle investigation ? –, l’homme à l’origine du projet ne s’est pas laissé impressionner, comme en témoigne l’immense catalogue de peintures, gravures, sculptures, photographies, mais aussi billets de banque, extraits de films et autres bons points d’écoliers qu’il a réunis avec ses collaborateurs.

 

Au final, c’est une véritable odyssée que le visiteur est invité à découvrir : de l’Égyptien Imhotep à Zaha Hadid, en passant par Vitruve et Tony Garnier, la figure du concepteur d’édifices est analysée sous toutes les coutures. Son portrait, ses outils, ses études, son look, son lieu de travail, son image dans la culture populaire, sa « starification » : aucun aspect n’est négligé, qu’il soit flatteur ou critique, historique ou imaginaire. Même Numérobis, l’architecte interprété par Jamel Debbouze dans le génial Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre est présent dans l’immense corpus d’œuvres sélectionnées. Et nul doute qu’il s’écrierait : « Cours Astérisme, couuuuuurs… à cette exposition ! »

 

Article paru dans Architectures À vivre 95 : Un air de vacances (mai-juin 2017)