COSY SEQUOIA

19 avril 2016 Par Charlotte Fauve
© Hirotsugu Tsuchiya
© Hirotsugu Tsuchiya
© Hirotsugu Tsuchiya

C’était une petite arrière-cour, sombre, ultra-sombre, à Boston. Obscurcie par un arbre gigantesque, « elle était si peu valorisée que ses propriétaires, un couple de galeristes, n’y avaient tout simplement jamais mis les pieds », explique Shauna Gillies-Smith, de l’agence Ground Landscape, à laquelle échoit la transformation de l’endroit.


Face aux petites dimensions de l’espace, les paysagistes misent donc sur un aménagement très visuel, en accord avec la décoration intérieure des clients. Sur les douze projets présentés, l’alliance, à la fois esthétique et chaleureuse, du bois et de la lumière l’emporte : débarrassé de l’encombrant géant, le jardin respire sous le feuillage clair d’un gingko. Tout ici est affaire de détails, de l’aspect marqueté des murs au méli-mélo bucolique des plantes. Mention spéciale aux parois en séquoia, récupérées à partir… d’une vieille barrique de jus de fruits !

La solution des paysagistes pas à pas

1. Bien que très simple en apparence, l’aménagement recèle de nombreuses complexités : pour éviter une trop grande imperméabilisation, ses concepteurs ont en effet commencé par dissimuler un système de transport et de stockage des eaux de pluies sous le sol minéral. Ni vues ni connues, elles sont ainsi absorbées progressivement...

2. Rien, ici, n’est superflu. L’espace, très restreint, incitait à la sobriété. Le design met donc l’accent sur une trilogie de couleurs et de matériaux : le gris du granite, le vert des feuillages, le brun du séquoia ne révèlent la richesse de leurs textures qu’au bout d’un examen approfondi.

3. Le concept des paysagistes réinterprète l’idée de la tapisserie, déclinée sous deux aspects, le bois et le végétal. Sur les murs, les boiseries brun rouge du séquoia combinent ainsi trois différents motifs, qui progressivement, glissent d’une façade à l’autre. Au sol, les feuillages d’arbustes bas s’étendent, comme un patchwork.

4. Grâce à leur allure naturelle, les plantes couvre-sol semblent spontanément délimiter les différentes aires de cheminement, à l’image d’un sentier forestier. Persistantes, elles permettent par ailleurs de végétaliser le lieu hiver comme été, et sont égayées, selon les saisons, par des floraisons plus vives.

Les astuces

- Valoriser l’espace Attention ! Qui dit petite taille, dit peu de mobilier ! Avec ici seulement deux fauteuils ronds, l’espace ainsi dégagé est préservé, tandis que la silhouette fine d’un gingko structure le rendu final avec une jolie verticale, en arrière plan. Sur la porte de l’habitation, un entrelacs de ferronnerie complète le design, sans jamais empiéter sur le lieu.

- Les végétaux à privilégier La multiplicité des couvre-sol, bien adaptés aux endroits ombragés, empêche la monotonie. Le plan de plantation est plus complexe qu’il n’en a l’air : la rampante Paxistima canbyi se mêle à la vivace naine Coreopsis auriculata ‘nana’ et à Waldsteinia fragarioides, le framboisier des Appalaches.

- Éviter l’éblouissement Par respect pour le voisinage, les panneaux de LEDs sont équipés de gradateurs, de façon à faire varier l’intensité de l’éclairage, qui s’adapte donc au type de soirée, cosy ou festive. Leur position, très étudiée, évite d’illuminer les alentours, toujours dans le souci de la plus grande discrétion.